Paris: Facture, voitures, bornes... Les cinq questions qui se posent avec la fin d’Autolib’

TRANSPORT Autolib' se termine ce mardi soir, à minuit moins une. Mais de nombreuses questions se posent sur l’après…

20 Minutes avec AFP

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Une Autolib' à Paris. (Illustration)
Une Autolib' à Paris. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Autolib' s'arrête ce mardi moins de sept ans après son lancement.
  • Coût de la résiliation, avenir des bornes et des voitures... 20 Minutes se penchent sur les questions en suspens.

A 23h59 au plus tard, Autolib’ s’arrêtera ce mardi. Lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë, le dispositif fort de 150.000 abonnés a dû faire face à un changement des façons de se déplacer, avec le vélo électrique, le VTC et la location de véhicules privés. Sans compter son image dégradée et ses voitures souvent sales. Résultat, alors que le service n’a jamais trouvé son modèle économique, les élus du syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) ont acté le 24 juin l’arrêt d’Autolib’, ces petites voitures grises en autopartage à Paris et dans une centaine de communes de la région parisienne.

Combien va coûter la résiliation du contrat ?

« Nous sommes en train de faire le calcul du montant que nous allons demander en septembre au syndicat mixte Autolib' Vélib', avec lequel nous étions sous contrat », a indiqué Marie Bolloré la directrice de la mobilité du groupe, dans un entretien au Journal du dimanche. « Il prendra en compte les pertes que nous avons accumulées et les coûts de résiliation. Fin 2017, ces pertes représentaient 210 millions d’euros. Nous allons prendre 60 millions à notre charge », poursuit-elle. « Il nous restera donc à recouvrer 150 millions d’euros, auxquels vont s’additionner tous les contrats que l’on arrête, les coûts de départ des collaborateurs, les valeurs nettes comptables de biens, comme les bornes de charge. Cela se chiffre à environ 250 millions », calcule-t-elle. Pas sûr que le SAVM accepte de payer une telle somme rubis sur l’ongle.

Que vont devenir les voitures ?

Ce soir, les voitures grises, au nombre de 4.000, cesseront de faire entendre le faible bruit de leur moteur. Seules « 500 » seront affectées à d’autres villes, selon Marie Bolloré. Elles pourraient donc atterrir à Lyon, Bordeaux, Turin ou encore Los Angeles, là où le groupe Bolloré exploite aussi un système d’autopartage. Les autres voitures sont en revanche destinée à la casse, « mais à chaque fois nous récupérerons la batterie », explique le groupe Bolloré au Figaro. En effet, d’après les calculs du quotidien, « cet élément représente de 30 % à 50 % de la valeur du véhicule ».

Quid des places de parking ?

Les 3.244 places de stationnement Autolib' à Paris seront réservées aux Franciliens propriétaires d’un véhicule électrique ou utilisant un véhicule électrique en autopartage, dès l’arrêt du système, selon la mairie.

Mais les bornes électriques de chargement ne fonctionneront pas, au moins dans un premier temps. La ville espère les rendre utilisables par les particuliers début 2019.

Qui prendra la suite d’Autolib' ?

Le vide laissé par les « Bluecar » de Bolloré aiguise les appétits. Renault, par exemple, déploiera dès septembre un service de mobilité électrique, associant VTC (voiture avec chauffeur) et voitures en autopartage, présenté par le directeur général adjoint, Thierry Bolloré et Anne Hidalgo. 2.000 véhicules électriques doivent être déployés d’ici fin 2019. Le service fonctionnera sans abonnement. PSA promet de lancer son propre service à Paris à la fin de l’année avec dans un premier temps 500 voitures électriques. Le loueur Ada compte, de son côté, expérimenter dès cet été dans les XIe et XIIe arrondissements une offre d’une cinquantaine de véhicules électriques et thermiques, quand la société de location entre particuliers Drivy a annoncé début juillet sa volonté de déployer « 500 véhicules électriques » dans la capitale d’ici fin 2019.

Quel sort pour les salariés d’Autolib' ?

Les 260 salariés de la société devront encore attendre deux semaines avant d’être fixés sur les conditions de leur départ, selon des sources syndicales. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est en cours de négociation entre la direction et les quatre syndicats représentatifs, FO, CGT, SUD et CFDT. Plusieurs réunions se sont tenues depuis fin juin. L’accord devrait être signé à la mi-août, pour entrer en application « au plus tôt » au 1er septembre, selon des représentants du personnel présents à la table des négociations. Les syndicats ont notamment obtenu un report de licenciement de deux mois, soit une notification de licenciement qui arrivera tout début novembre au lieu de fin août.

Le PSE devrait comprendre la mise en place de départs anticipés, des aides à la mobilité, un congé de reclassement de huit mois, des aides à la création d’entreprise ou à la formation, ainsi que la recherche de reclassement interne et externe, selon Samir Mohamdi, délégué syndical FO (majoritaire), pour qui le projet est « satisfaisant ». Les recrutements sur les postes de « l’ensemble des groupes Bolloré » ont été « gelés » pour « les réserver en priorité aux gens d’Autolib' », s’est-il félicité. « On peut faire mieux », estime en revanche un autre délégué syndical, sous couvert d’anonymat, « notamment sur la durée du congé de reclassement » et « l’enveloppe formation ». Certains salariés réclament par ailleurs d’être repris par les futurs acteurs du marché, notamment Renault.