Paris: Quelles solutions après la reformation de la «colline du crack»?

SOCIETE Plus d’un mois après son évacuation, la « colline du crack » s’est reconstituée. La mairie de Paris en appelle désormais à l’État...

R.L.

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Le crack. Illustration
Le crack. Illustration — Yasuyoshi Chiba afp.com

Un mois après le démantèlement de la « colline du crack » située au niveau de la porte de la Chapelle (XVIIIe arrondissement), la situation s’est à nouveau dégradée sur place.

Les équipes de la Ville présentes sur le terrain constatent en effet « un retour alarmant de scènes ouvertes de consommation et de trafics de drogue, des conditions sociales et sanitaires dégradées et des scènes de violences intolérables ». Il y a quelques jours, un toxicomane a notamment explosé la vitre de la voiture d’une femme avec un pavé. 20 Minutes fait le point sur la situation.

Que s’est-il passé après l’évacuation ?

Le 27 juin, la préfecture de police de Paris et la préfecture d’Ile-de-France ont procédé, à l’évacuation de la « colline du crack ». Plus d’une centaine de personnes y étaient présentes. Selon la mairie, elles ont été « mises à l’abri dans des centres de soin spécialisés ». Mais « le dispositif d’hébergement avec accompagnement médico-social piloté par l’État n’a pas permis d’éviter la réinstallation rapide d’une grande partie des occupants », note l’hôtel de ville.

Que demande la mairie ?

Le 11 juillet dernier, Anne Hidalgo a interpellé le Premier Ministre afin d’engager « une action rapide et commune entre les services de l’État et les services de la Ville ». La ville de Paris a également proposé des solutions d’accompagnement et de prise en charge dans le cadre de la préparation du Plan Priorité Prévention de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) dont la date de sortie reste inconnue. Dans l’attente de la réponse du Premier Ministre, la Ville a de nouveau alerté, la semaine dernière, la Préfecture de Police, la Préfecture de Paris et l’Agence Régionale de Santé. Une réunion s’est tenue la semaine dernière l’Hôtel de Ville avec les services de l’Etat « afin de travailler à des réponses immédiates et urgentes en termes de sécurité et d’accompagnement sanitaire et social, compétences relevant de l’État ».

Selon Colombe Brossel, adjointe à la Maire de Paris chargée des questions relatives à la sécurité et de la prévention : « Il est désormais urgent que l’Etat se mobilise sur deux volets essentiels : d’une part, renforcer la présence des forces de l’ordre, à la Porte de la Chapelle, sur le Boulevard Ney et dans le secteur Stalingrad pour garantir la sécurité des riverains, lutter contre les violences et agressions, et agir contre le trafic à ciel ouvert. D’autre part, l’Etat doit accroître ses dispositifs de prise en charge et d’hébergement avec accompagnement médico-social, seuls à même d’apporter des réponses adaptées aux situations sanitaires. »

Que dit-on à droite ?

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a interpellé le Premier ministre, Edouard Philippe. « Face la situation explosive de la Porte de La Chapelle, je demande au Gouvernement la mise en place d’un véritable plan Orsec (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile) contre le crack, basé sur 3 volets : policier, sanitaire et judiciaire ». « Sans une réponse adaptée à cette situation inédite, toute intervention sera malheureusement vouée à l’échec comme en témoigne l’évacuation de la colline du crack », ajoute-t-elle.

Quid des maraudes et la multiplication des salles de shoot ?

Pour Anne Souyris, adjointe chargée de la santé : « Dans le cadre de ses compétences, la Ville a travaillé depuis plusieurs mois maintenant à un renforcement des maraudes associatives en direction du public usager de drogues. La ville prendra toute sa part dans la mise en place des dispositifs innovants que nous appelons de nos vœux et nous nous sommes d’ores et déjà engagés à renforcer les actions menées et leur coordination. En parallèle, la Municipalité a engagé des interventions renforcées en matière de propreté et de salubrité ». Dans une tribune à Libération, l’adjointe estime enfin que « multiplier les salles de shoot est un impératif de santé public ».

Selon elle, « après presque deux ans de fonctionnement, les résultats sanitaires et sociaux sont probants. Pour 1 200 usagers de drogue, nous constatons des risques de surdose réduits, des infections évitées grâce à du matériel stérile et de bonnes conditions d’hygiène et une baisse des décès dus aux mauvaises pratiques d’injection ou d’inhalation ».

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