Gare Montparnasse: Pourquoi la pagaille est loin d’être finie (et pourrait même empirer)

PANNE SECHE Deux jours après l’incendie d’un poste électrique, seul un train sur deux circulait ce dimanche...  

C.Po.

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Le trafic SNCF interrompu à la gare Paris-Montparnasse, le 27 juillet 2018.
Le trafic SNCF interrompu à la gare Paris-Montparnasse, le 27 juillet 2018. — GERARD JULIEN / AFP

Depuis vendredi, rejoindre les plages de Bretagne et de l’Ouest en train est synonyme de galère. Lundi - comme ce fut le cas ce dimanche - un train sur deux circulera au départ de la gare Montparnasse, a annoncé la SNCF. RTE, dont dépend le générateur à l’origine de la pagaille, a indiqué que l’électricité pourrait être rétablie mardi soir, voire lundi si les tests sont concluants.

Que s’est-il passé ?

Vendredi vers 11h30, un transformateur électrique a pris feu à Issy-les-Moulineaux, privant plus de 10.000 foyers d’électricité mais également la gare Montparnasse, la deuxième plus importante du réseau français. Si on ignore encore la raison de cet incendie – RTE (Réseau et transport d’électricité) a écarté l’hypothèse d’un acte malveillant – la remise en état complète devrait intervenir mardi soir, voire lundi soir si les tests sont convaincants. Dans un premier temps, RTE avait annoncé une reprise jeudi, un délai qu’il estimait incompressible en raison de l’ampleur des dégâts.

La solution provisoire pour réalimenter la gare consiste à créer un contournement du poste d’Issy-les-Moulineaux et de la partie endommagée des câbles du poste. La liaison avec la partie saine des câbles de liaison avec Montparnasse a été réalisée dans la nuit, avant des tests fonctionnels, tandis que la jonction avec la cellule haute tension mobile est en cours de réalisation, a expliqué le responsable de RTE dimanche.

Pourquoi la situation s’est encore dégradée dimanche ?

L’atelier de maintenance des rames TGV roulant vers l’Ouest, qui se situe à Châtillon, est également privé d’électricité. « Il y a des rames que l’on ne peut plus sortir parce qu’elles ne sont pas en sécurité pour nos voyageurs. C’est pour ça que la durée de l’incident est critique », a expliqué dans la matinée la patronne de SNCF Voyages, Rachel Picard. Ces visites de maintenance ont lieu tous les trois jours ou tous les 5.000 km. Cela représente environ 10 TGV par jour. A ces opérations classiques s’ajoutent les opérations plus lourdes, notamment sur les moteurs.

C’est pourquoi ce dimanche, seul un train sur deux fonctionnait alors que 65 % des rames ont pris le départ samedi. Les prévisions de ce lundi sont similaires à celles de dimanche : 50 % des trains partiront. Si le trafic n’est pas rétabli lundi soir ou mardi au plus tard, le nombre de rames pourrait encore diminuer. « Notre centre de maintenance n’étant pas alimenté en électricité, progressivement on ne peut pas maintenir les trains et donc le parc se réduit », expliquait ce dimanche sur France Info, Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF.

Vendredi 27 juillet 2017, le trafic était totalement interrompu en gare de Paris-Montparnasse après l'incendie d'un poste électrique.
Vendredi 27 juillet 2017, le trafic était totalement interrompu en gare de Paris-Montparnasse après l'incendie d'un poste électrique. - DMI/WENN.COM/SIPA

Comment se renseigner ?

En plein chassé-croisé estival, la situation tombe particulièrement mal pour la SNCF. Samedi, quelque 100.000 voyageurs étaient attendus au départ de la gare Montparnasse. Selon l’entreprise de transport, 85 % des voyageurs ont laissé leurs coordonnées et ont ainsi pu être prévenus avant le départ. Dans tous les cas, la liste des trains supprimés est diffusée sur le site internet de la SNCF la veille au soir. Attention, tous les trains en direction du sud-ouest partent désormais de la gare d’Austerlitz pour faciliter le trafic. Les personnes ne pouvant partir seront intégralement remboursées, assure la SNCF.

Que fait le gouvernement ?

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, et Elisabeth Borne, ministre des Transports, ont annoncé samedi lancer une «mission d’enquête» des services de l’Etat sur cet incendie qui a mis en avant « une fragilité manifeste dans l’alimentation de substitution de la gare Montparnasse ».