Sapeurs-pompiers de Paris: Trois enquêtes ouvertes pour violences sexuelles, révèle «Le Monde»

JUSTICE La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), l’unité de l’armée de terre, compte seulement 3 % de femmes dans ses effectifs…

V.R.B. avec AFP

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Centre de formation des cadres de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) - Image d'illustration.
Centre de formation des cadres de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP) - Image d'illustration. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Les victimes dénoncent une omerta. Ce samedi matin, Le Monde révèle l’histoire d’Alizée, 20 ans, une des jeunes recrues du fort de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), dont le rêve d’intégrer les sapeurs-pompiers a vite viré au cauchemar. Un jour où elle se blesse sous la douche, elle sollicite un caporal pour pouvoir désinfecter sa plaie. « Il m’a plaquée contre le mur, (…) il a commencé à mettre sa main sur mon tee-shirt, me disant « laisse-toi faire, tu vas aimer »… La main sous le soutien-gorge, [mes] seins broyés, puis ces doigts qui [me] pénètrent », la jeune femme raconte avoir vécu un calvaire.

Victime de violences sexistes et d’agressions sexuelles, la jeune femme affirme avoir été traitée de « menteuse » ou encore de « fouteuse de merde » par sa hiérarchie. Après une tentative de suicide, elle dépose plainte à l’automne 2017. Une enquête préliminaire pour viol a été ouverte au parquet de Créteil. Frank Berton, l’avocat de la jeune fille, n’exclut pas de déposer une plainte avec constitution de partie civile, pour viol, harcèlement sexuel et moral, afin qu’un juge d’instruction soit désigné.

Les affaires qui touchent l'institution sont nombreuses

Le parquet de Paris a quant à lui été saisi de deux autres dossiers. Deux femmes de la caserne de Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, ont porté plainte en mars. L’une accuse notamment, son caporal-chef d’avoir eu des gestes déplacés à son égard, et d’avoir simulé un rapport sexuel fin 2016. Une enquête pour agression sexuelle et harcèlement sexuel est en cours. Dans le second cas, un caporal et un première classe sont mis en cause pour des faits de harcèlement et d’agression sexuels commis début 2018.

Dans son enquête, Le Monde dresse une liste des comportements sexistes et humiliants auxquels se livrent certains membres de l’institution pompiers de paris. Ils sont visiblement nombreux et pourtant, rares sont les histoires qui dépassent l’enceinte des casernes.

« Ces affaires sont indéfendables, estime pour sa part le général Jean-Claude Gallet, qui a pris le commandement de la brigade, en septembre 2017. » « Il est de ma responsabilité de détecter les signaux, pour taper tout de suite, et ne pas émettre un silence bienveillant qui laisserait croire que je cautionne ce type de pratiques. Je ne fais pas l’autruche, c’est un fléau, c’est inadmissible », estime-t-il.