Paris: Vélos, rollers et étudiants en langues étrangères pour assurer la sécurité des touristes dans la capitale

TOURISME Pour assurer la sécurité des touristes pendant la période estivale, un plan spécifique de protection est mis en place chaque année par la préfecture de police…

Caroline Politi

— 

Des policiers patrouillent aux Tuileries.
Des policiers patrouillent aux Tuileries. — Caroline Politi/20 Minutes
  • Pendant la période estivale « un groupe d’action touristique » vient en renfort des effectifs classiques dans les zones touristiques de la capitale.
  • Dans le secteur du Louvre, la plupart des faits de délinquance visant des touristes sont des vols.

A les regarder déambuler dans le jardin des Tuileries, slalomant entre les touristes du monde entier, on a presque l’impression qu’ils se promènent. Jusqu’à ce qu’ils fondent, sans même s’être concertés, en direction de trois vendeurs à la sauvette installés dans une allée du parc. « Quand on patrouille, on est très concentrés. On connaît bien la délinquance dans cette zone, on sait ce qu’on recherche », explique David, gardien de la paix, qui travaille depuis sept ans dans le secteur. Cette fois, les individus ont eu le temps de détaler, la patrouille ayant été ralentie par une touriste asiatique qui cherchait son chemin… « D’habitude, on travaille en rollers, c’est la seule manière de les rattraper, ils sont très alertes et dès qu’ils nous voient, ils filent », poursuit Stéphane, son collègue. Mais ce mercredi, ils font équipe avec un policier roumain – qui les aide à lutter contre la délinquance des Roms – plus à l’aise dans ses gros godillots que sur des roulettes.

Si le quartier du Louvre est arpenté toute l’année par les touristes - le musée est le plus fréquenté du monde avec huit millions de visiteurs par an -, un pic d’affluence est atteint pendant la période estivale. Comme chaque année depuis 2013, la préfecture de police a donc mis en place un plan de protection spécifique dans la capitale, principalement basé sur la sécurisation des principaux sites, hôtels et transports ainsi que sur l’accueil des touristes étrangers. Objectif : lutter contre la petite délinquance dont sont parfois victimes les touristes et qui détériore l’image de la capitale. « Les agressions dans le secteur sont rares, assure le commissaire central du 1er arrondissement de Paris, Robert Hatsch. Les touristes sont généralement victimes de vols simples, parfois à la tire. »

Des policiers à vélo ou en rollers

Pour assurer la sécurité dans le secteur du Louvre, deux équipes de trois policiers patrouillent chaque jour à vélo, deux autres en rollers. « Ça change le regard sur la police, les gens viennent plus facilement nous parler. On a presque l’impression que cela crée une forme de proximité », confie David. C’est surtout un moyen de se déplacer très rapidement entre les allées étroites et de rattraper les pickpockets et autres voleurs. Des équipes de la Bac sont également présentes dans le secteur.

Des policiers patrouillent aux Tuileries.
Des policiers patrouillent aux Tuileries. - Caroline Politi/20 Minutes

En plus de ces effectifs, 130 policiers supplémentaires sont déployés entre la mi-juin et la fin septembre dans sept secteurs particulièrement prisés des touristes, à l’instar des Champs-Elysées ou de la Tour Eiffel. Ce mercredi de juillet, ils sont 28 de ce « groupe d’action touristique » à être affectés dans le quartier du Louvre. « Ces effectifs supplémentaires nous aident à gagner en visibilité. La plupart du temps, hormis quelques opérations spécifiques, ils patrouillent en uniforme ce qui a un effet dissuasif », précise le commissaire divisionnaire. Compte tenu de la menace terroriste, tous ont également appris à rester vigilants.

Des plaintes enregistrées directement sur place

Après avoir joué au chat et à la souris avec plusieurs vendeurs à la sauvette, David, Stéphane et Ionut, leur homologue roumain, finissent par interpeller l’un d’eux. Ce jour-là, il vend des bouteilles d’eau aux touristes écrasés par la chaleur. « On le connaît bien, il travaille régulièrement ici », précise le premier. Le jeune homme affirme être mineur mais il n’a pas ses papiers sur lui. Direction le commissariat pour un contrôle d’identité. A peine arrivés, ils croisent une autre équipe. Eux viennent d’arrêter trois jeunes femmes roms, surprises en train de faire les poches des touristes. Elles aussi sont bien connues de leurs services.

Et puisqu’il semble impossible d’éradiquer totalement la délinquance, un travail a été mis en place pour l’accueil des victimes. Désormais, il est possible pour les policiers d’enregistrer une plainte directement sur le lieu du vol grâce à des smartphones. Celle-ci est ensuite directement envoyée au commissariat puis transmise par mail aux victimes. Et pour faciliter la communication, une vingtaine d’étudiants en langues étrangères (japonais, chinois, coréen et arabe), joignables toute la journée, assure la traduction en cas de besoin.