Coupe du monde 2018: A Paris, la victoire des Bleus n'a pas fait l'unanimité chez les touristes

REPORTAGE Pour de nombreux touristes, être dans la capitale française le 15 juillet était une coïncidence et peu ont fait le déplacement exprès pour le Mondial…

Naomi Mackako

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Des fans s'agglutinent le long de l'avenue des Champs-Elysées en attendant le passage du bus de l'équipe de France.
Des fans s'agglutinent le long de l'avenue des Champs-Elysées en attendant le passage du bus de l'équipe de France. — 20 Minutes / Naomi Mackako

Le dimanche 15 juillet 2018 restera gravé à jamais dans les annales. Ce soir-là, les Français ont vibré, les yeux rivés sur les pieds des footballeurs de l’équipe de France. A Paris où la victoire des Bleus contre la Croatie au Mondial a été largement célébrée jusqu’au petit matin, les touristes, eux, se sont sont clairement scindés en deux catégories.

Au milieu de personnes qui s’arrêtent et flânent devant les vitrines des galeries Lafayette du Boulevard Haussmann ce lundi, se trouvent Viany, qui fait partie des touristes que le Mondial a galvanisés. La jeune Mexicaine de 25 ans séjourne à Paris pour une durée de deux semaines. Lorsqu'on évoque la soirée de la finale de la Coupe du monde, son visage se fend d'un grand sourire. « Tout le monde était fou, l’ambiance était incroyable ! » s’exclame-t-elle en regardant l'amie française qui l’accompagne en ce lundi après-midi.

La vacancière a beaucoup aimé célébrer la victoire des Bleus avec les Parisiens dimanche soir. Bien que son voyage ait été prévu de longue date et n’ait pas du tout été programmé en fonction du Mondial, Viany ne regrette pas d’avoir assisté à cet événement historique. A quelques pas de là, Anna et Vanasceh, deux amies venues respectivement de Russie et d’Iran, ont elles aussi regardé le match de la finale dans un bar des Champs-Elysées.

« C’est plus sûr en Russie »

Elles ont même chanté « On est les champions ! » et dansé sur le tube de Gloria Gaynor avec des inconnus qui les ont entraînées dans l’euphorie générale. Seul bémol de leur soirée, pour Vanasceh, 30 ans : pas assez de policiers. La jeune Russe avoue que les mouvements de foule et le jet de projectiles ont été des phénomènes inhabituels pour elle. Comme elle, Lisa, 21 ans, une Russe en vacances à Paris avec son frère avoue avoir été surprise de voir si « peu de policiers ». « En Russie, en ce moment, on en voit des milliers », explique-t-elle. « Je n’en ai pas vu beaucoup ici, ça ne m’a pas vraiment rassurée ».

Malgré cela, la jeune fille avoue s’être beaucoup amusée. Son frère surenchérit par-dessus son épaule en hochant la tête, tout sourire. Ils ont passé une superbe soirée et se sont sentis intégrés à cette « good vibe » collective.

Des fans assis sur les façades d'enseignes longeant l'avenue des Champs-Elysées.
Des fans assis sur les façades d'enseignes longeant l'avenue des Champs-Elysées. - 20 Minutes / Naomi Mackako

« C’était le chaos »

Et puis il y a les autres, pour qui se faufiler dans un bar et de prendre part à la fête, représentait un risque qu'ils n'étaient pas prêts à courir. Ceux-là ont préféré regarder le match, à l’abri des (un peu trop ?) fêtards qui scandaient la Marseillaise dans les rues parisiennes. Les Ditrich, originaires de Chicago aux Etats-Unis, ont loué une chambre dans un hôtel situé non loin des Champs-Elysées.

A l’ombre des arbres de la rue de l’Université, ils avancent lentement alors que les fans se pressent sur la célèbre avenue, espérant apercevoir les champions du monde pour leur parade, ce lundi. Les Américains venus en France pour quelques jours seulement avec leur petite fille craignaient les pétards et les éclats de verre des bouteilles cassées. « C’était le chaos », lance la mère, en secouant la tête. La famille se dit même surprise de l’ampleur prise par l’événement.

« Ça perturbe tous nos plans »

Pour les Allemandes Marina et Susan, ça n'a pas été une partie de plaisir non plus. Les deux jeunes femmes rient et se lancent des regards complices lorsque la question du Mondial à Paris est posée. « On n’a rien contre la Coupe du monde mais ça perturbe tous nos plans, alors que nous ne sommes là que pour quatre jours », déplorent-elles. La fermeture de certaines stations de métro les empêche de suivre leur programme. Le champ de mars étant fermé au moment où elles s’y sont présentées la veille, les deux touristes se sont rabattues sur un bar de Montmartre où elles ont regardé le match.

Ce lundi, alors qu’autour d’elles, la tension monte à l'approche du bus des Bleus, et que tout le monde converge vers les Champs, elles, continuent de marcher dans la direction opposée. « On veut juste partir d’ici », explique Marina. La parade des Bleus, ça se fera sans elles.

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