Paris: Pas d'abonnement, prix «surprise à l'arrivée»... On vous dévoile l'après Autolib' par Renault

MOBILITE La maire de Paris, Anne Hidalgo et Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault, ont présenté ce mercredi une « nouvelle offre de mobilité pour les Parisiens et les Franciliens »…  

R.L.

— 

Anne Hidalgo et Thierry Bolloré, ce mercredi matin
Anne Hidalgo et Thierry Bolloré, ce mercredi matin — ISA HARSIN/SIPA
  • Renault a présenté ce mercredi son offre de mobilité électrique à Paris.
  • Le constructeur compte déployer au total quelque 2.000 véhicules électriques d'ici fin 2019.

Un Bolloré en chasse un autre. « Ce qui se passe là est historique », a déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, ce mercredi devant la presse. Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault – et cousin de Vincent Bolloré - a présenté à l’Hôtel de ville son offre de mobilité électrique à Paris, combinant VTC (voitures avec chauffeur) électriques et voitures en autopartage, qui sera déployée à partir de septembre 2018. Flotte, prix et nature de ce partenariat… 20 Minutes fait le point sur cette « nouvelle offre de mobilité pour les Parisiens et les Franciliens » après le fiasco d’Autolib’.

Quel type de contrat entre le constructeur et la mairie ?

« Il n’y a pas de contrat », a affirmé Anne Hidalgo, précisant qu’il s’agit d’une « première alliance entre un groupe industriel […] et une grande ville monde qui veut garder sa force d’innovation et d’attractivité ». Ce partenariat n’est « pas exclusif », a-t-elle souligné, alors que les collectivités ont décidé le 21 juin de résilier le contrat avec Autolib', qui doit s’arrêter d’ici au 31 juillet. « Si PSA veut venir, il peut, si cela correspond à nos attentes », a-t-elle ajouté.

En l’occurrence, le groupe PSA a annoncé ce mardi qu’il projetait de lancer son service d’autopartage à Paris à la fin de l’année avec dans un premier temps 500 voitures électriques. Le loueur Ada va de son côté expérimenter dès la mi-juillet, dans les 11e et 12e arrondissements de Paris avec une cinquantaine de voitures électriques et thermiques.

Quelle est la nature de l’offre de mobilité du groupe Renault ?

Le groupe Renault va déployer différents modèles de mobilité: 

  • une offre de VTC électriques via Marcel, qui appartient au groupe
  • une offre de véhicules électriques en autopartage accessibles en libre-service 24/7 et sans stations, ce que l’on appelle le free floating
  • une offre de véhicules électriques en boucle, pour des trajets plus longs, accessibles, en libre-service.

Combien y aura-t-il de véhicules ? De quel type et pour quel prix ?

Le constructeur compte déployer quelque 2.000 véhicules électriques d’ici à la fin de l’année 2019, avec « l’ambition de faire croître » cette flotte, a précisé Thierry Bolloré. Cette offre s’appuiera sur la gamme 100 % électrique du groupe Renault : Zoé, Twizy ou encore Kangoo. Il n’y aura « pas d’abonnement », a ajouté Thierry Bolloré, et pour les tarifs, « c’est la surprise à l’arrivée ».

Quid des bornes et places de stationnements laissées vides avec le départ d’Autolib’?

« Nous sommes en train de travailler sur les bornes pour qu’elles deviennent de l’équipement pour recharger les véhicules électriques en autopartage. Et les places de stationnement seront proposées à tous ces véhicules », a expliqué Anne Hidalgo. Les véhicules pourront donc se garer sur les 3.244 places libérées par Autolib'.

Comment les élus au Conseil de Paris ont-ils réagi ?

L’annonce de cette conférence de presse a provoqué la colère de l’opposition parisienne, furieuse d’apprendre par voie de presse « un nouveau partenariat avec un groupe industriel dont nous ignorons les conditions et le cadre précis », au moment où le Conseil de Paris débattait mardi soir des « nouvelles mobilités ». « Quel mépris, quelle duplicité, quelle conception du débat et de la démocratie », écrivent mercredi dans un communiqué les groupes PPCI (pro-Macron ex-LR), Républicain et UDI-Modem, qui ont demandé, en vain, une suspension de séance du conseil pendant la conférence de presse.

« Nous n’avons eu aucune information concernant la grande couronne. La question des mobilités ne peut se faire sans celle-ci » a réagi de son côté, Florence Berthout, présidente du groupe LRI (Les Républicains et Indépendants).