Une bataille de perdue… Pas de monument aux animaux morts pendant la guerre à Paris

SOCIETE Ce vœu déposé par le groupe écolo et Danielle Simonnet (LFI), soutenu notamment par Yann Wehrling (UDI-MoDem) et Jean-Baptiste de Froment (LRI) a été rejeté ce mardi par le Conseil de Paris…

Romain Lescurieux

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Un renard mascotte de l'armée de l'Air britannique lors de la Première Guerre mondiale.
Un renard mascotte de l'armée de l'Air britannique lors de la Première Guerre mondiale. — MARY EVANS/SIPA
  • Selon l’association animaliste Paris Animaux Zoopolis, « 11 millions de chevaux, ânes, mulets et les centaines de chiens et pigeons morts durant les combats ».
  • L’exécutif parisien a répondu que les questions relatives à la mémoire et au monde combattant relèvent de la ville mais qu’il s’agissait « de la compétence de l’Etat ».
  • Malgré le rejet de ce vœu, les défenseurs de la cause animale ne désarment pas.

Le Conseil de Paris qui a débuté lundi, s’est opposé à l’édification d’un monument dans la capitale, en souvenir aux animaux morts sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale. Ce vœu déposé par le groupe écolo et Danielle Simonnet (LFI), soutenu notamment par Yann Wehrling (UDI-MoDem) et Jean-Baptiste de Froment (LRI), a été rejeté ce mardi en séance.

« Les animaux sont des êtres doués de sensibilité. C’est pourquoi j’ai personnellement voté pour l’édification d’un monument aux animaux de guerre, 11 millions sont morts en 14-18, et leur rôle a été essentiel. Projet soutenu par le Souvenir français », a tweeté Jean-Baptiste de Froment. 

Une « compétence de l’Etat »

A l’occasion de l’anniversaire du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, ce vœu, initié par Paris Animaux Zoopolis, association animaliste, entendait en effet rendre hommage aux « 11 millions de chevaux, ânes, mulets et les centaines de chiens et pigeons morts durant les combats ». « Les travaux de recherches récemment consacrées à la guerre ont montré que les animaux ont été particulièrement victimes du conflit. […] Or, les chevaux ont largement participé à la victoire de la France », a expliqué Jacques Boutault, maire (EELV) du 2e arrondissement.

Mais l’exécutif municipal, représenté par Catherine Vieu-Charier, adjointe chargée de toutes les questions relatives à la mémoire et au monde combattant a signifié que cette question ne relevait pas de la ville mais qu’il s’agissait « de la compétence de l’Etat ». Contacté par 20 Minutes, Paris Animaux Zoopolis, regrette cette décision. « Nous sommes déçus mais nous restons déterminés », indique l’une de ses membres.

Une chèvre avec des soldats britanniques lors de la Première Guerre mondiale.
Une chèvre avec des soldats britanniques lors de la Première Guerre mondiale. - MARY EVANS/SIPA

« Fermement déterminée »

« Force est de constater que l’exécutif parisien réitère sa profonde indifférence envers la condition animale », note l’association. « Une nouvelle fois, la Ville de Paris se défausse sur l’Etat quand il s’agit des animaux. Déjà, l’exécutif avait invoqué l’absence de pouvoirs de police [attribués à la préfecture de police de Paris] pour refuser d’interdire, sur son territoire, les cirques présentant des spectacles avec animaux », ajoute-t-elle. Dans un communiqué Paris Animaux Zoopolis dit rester « fermement déterminée à inciter le Conseil de Paris à prendre réellement en considération la condition animale. Au-delà de quelques discours de circonstances, nous demandons des actes et des engagements fermes ».

L’association a été reçue le 2 juillet 2018 au ministère des Armées afin d’évoquer ce projet de monument en hommage aux animaux de guerre. « Nous allons continuer notre travail et tenter de mettre en relation la ville et l’Etat. Au moins que des plaques commémoratives dans des arrondissements », précise l’une de ses membres.