Fiasco du Vélib' à Paris: «Tout cela était prévisible», ironise Jean-Charles Decaux

TRANSPORTS Le co-directeur général de JCDecaux se montre sévère envers le nouvel opérateur Smovengo et la mairie de Paris...

Frédéric Brenon

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Des Vélib' à Paris. (Illustration)
Des Vélib' à Paris. (Illustration) — CHINE NOUVELLE/SIPA
  • Le co-directeur de JCDecaux juge la situation des Vélib' parisiens « indescriptible ».
  • Il reproche clairement à la mairie de Paris le choix de l’opérateur Smovengo.
  • JCDecaux a obtenu le renouvellement du service de location des vélos en libre-service nantais.

Un an après avoir perdu le marché d'exploitation des Vélib' à Paris, Jean-Charles Decaux, co-directeur général de JCDecaux, était jeudi à Nantes pour présenter « Bicloo plus », le nouveau vélo en libre-service de la métropole nantaise. Sa société y a en effet remporté un marché de 24 millions d’euros comprenant également un service de location longue durée.

Particulièrement « fier », le chef d’entreprise n’a pu éviter une question portant sur la situation parisienne où le nouvel opérateur, Smovengo, connaît depuis plusieurs semaines de grosses difficultés de déploiement.

« Je ne veux pas critiquer mes concurrents, ce serait trop simple », a d’abord répondu Jean-Charles Decaux. Avant d’ajouter, cinglant. « La situation est indescriptible. Mais tout cela était prévisible. Nous l’avions dit et écrit. La Ville de Paris doit prendre ses responsabilités. Ils ont fait un choix. Ils doivent assumer ce choix. »

Jean-Charles Decaux, directeur général de JCDecaux.
Jean-Charles Decaux, directeur général de JCDecaux. - T.Samson/AFP

« Il n’y a rien de pire que de se rejeter la balle »

Jean-Charles Decaux a ensuite souligné ses différences avec Smovengo, en prenant soin de ne pas citer son concurrent. « Nous sommes une société intégrée dans le territoire. Nous nous appuyons sur des personnels expérimentés. Nous ne rejetons pas la faute sur des collectivités ou sur un partenaire qui devient, en une demi-seconde, un sous-traitant. Il n’y a rien de pire que de se rejeter la balle. »

Pour justifier son retard dans le déploiement des stations Vélib' à Paris, Smovengo évoque des difficultés techniques portant sur l’alimentation électrique ou les bornes d’attache. Mais le consortium franco-espagnol a aussi imputé une partie de la faute à son prédecesseur JCDecaux, qui a exploité pendant dix ans le service parisien.

Il lui reproche un retard dans la dépose des stations, un conflit social liée à la reprise des anciens salariés affectés au Vélib' et un recours en justice ayant ralenti la transition. Smovengo a également épinglé la gestion administrative du Syndicat Autolib Velib métropole (SAVM).

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