Paris: Densité, transports, hauteur des tours… La ZAC Bercy-Charenton fait débat

URBANISME Le projet du futur quartier de la ZAC Bercy-Charenton (XIIe arrondissement) va être débattu et soumis au vote lors du Conseil de Paris, qui débute ce lundi…

Romain Lescurieux

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Le projet de Bercy Charenton
Le projet de Bercy Charenton — Mairie de Paris
  • La ZAC prévoit six tours de grande hauteur, des logements, des bureaux, une crèche.
  • Cet épineux sujet divise fortement les élus du Conseil de Paris.

Six tours de grande hauteur, des logements, des bureaux, une crèche, un collège, un gymnase et peut-être même une piscine… « C’est un des grands chantiers de la décennie », affirme Bruno Julliard, premier adjoint à la maire de Paris. Le projet du futur titanesque quartier de la ZAC Bercy-Charenton (XIIe arrondissement) s’invite au Conseil de Paris, qui débute ce lundi, pour trois jours.

Cet épineux sujet qui divise fortement les élus, jusqu’à envoyer valser les traditionnelles divisions politiques, va être débattu lors de cette séance, puis soumis au vote. « Anne Hidalgo pourrait être mise en échec sur ce sujet. Ça va se jouer à une ou deux voix », prédit Eric Azière, président du groupe UDI-Modem. Tant les avis divergent sur ce projet lancé en 2006.

« Un des plus grands projets d’aménagement »

« C’est un des plus grands projets d’aménagement à l’échelle métropolitaine », se réjouit Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris, chargé de l’urbanisme, et porteur du projet. Cette zone de 80 hectares, bordée et traversée par des infrastructures de transports lourdes supportant le périphérique, l’échangeur de Bercy ou encore l’A4, pourrait d’ici à 2030, changer de visage sur plus de 18 hectares aménageables.

Dans ce paysage urbain ferroviaire, 4.000 logements (dont 57 % de logements sociaux) seraient ainsi créés dans trois tours de 112, 115 et 146 mètres. A côté, trois autres immeubles de 85, 160 et 180 mètres, accueilleront des bureaux, des commerces et des locaux d’activités. Une véritable ville dans la ville qui concentrerait 9.000 habitants et 11.000 personnes venant y travailler quotidiennement.

« Après des années de concertation, de réunions publiques, ce projet a reçu un avis favorable de la commission d’enquête l’année dernière », précise Jean-Louis Missika. Désormais de passage au conseil de Paris, « étape décisive », rappelle l’adjoint, le projet devrait toutefois se heurter à une large opposition. Hauteur des tours, densité, manque de transports… Que disent les élus opposés au projet ?

« Il faut arrêter le massacre »

« C’est un projet de surdensification et de bétonisation », réagit David Belliard, président du groupe écolo de Paris, déplorant dans le même temps, des tours énergivores et trop grandes. Selon lui, il faut « moins de hauteur et plus d’espaces verts » dans une ville qui a déjà « atteint sa limite en matière de densité ». Le groupe compte voter contre. Tout comme la formation UDI-Modem, mais pour d’autres raisons. « Nous ne sommes pas contre la hauteur mais la surproduction de logements sociaux et l’absence de dessertes de transports », affirme Eric Azière, qui juge le projet « mal ficelé ». Le groupe Les Républicains et Indépendants (LRI) va encore plus loin dans la critique.

« Anne Hidalgo a passé son mandat à bétonner, c’est son bouquet final », tacle Valérie Montandon, conseillère de Paris et maire du XIIe arrondissement. « Elle refait de l’urbanisme des années 1950 avec des habitants que l’on entasse les uns sur les autres, sans tenir compte des effets néfastes. Le tout dans un contexte enclavé et trop dense », ajoute-t-elle. La présidente de son groupe en remet même une couche. « Il faut arrêter le massacre en matière de densité », lance Florence Berthout. Dans ce contexte de critiques, Anne Hidalgo devrait néanmoins pouvoir compter sur les groupes « Macron compatibles » et les communistes. Selon Nicolas Oulaldj-Bonnet, « il est temps d’aller au bout de ce projet ».

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