A Paris et en banlieue, des policiers manifestent contre la mutualisation des commissariats

MANIFESTATION Le syndicat Unité SPG-Police dénonce une « fermeture déguisée » des commissariats en petite couronne. La préfecture parle d’une réorganisation pour « améliorer l’efficacité »…

Caroline Politi

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Le bus d'Unité-SGP sillonne l'Ile-de-France pour dénoncer les mutualisations.
Le bus d'Unité-SGP sillonne l'Ile-de-France pour dénoncer les mutualisations. — Caroline Politi/20 Minutes
  • La préfecture prévoit de mutualiser certains services de police le soir et le week-end.
  • Le syndicat Unité SGP-Police y voit une fermeture déguisée des commissariats et demande la «remise à plat» du projet.  

 

L’ambiance bon enfant ne saurait cacher leur détermination. Ce jeudi, une centaine de policiers ont défilé à l’appel du syndicat Unité SGP-Police pour dénoncer le projet de mutualisation des commissariats à Paris et en petite couronne. A bord d’un bus à impériale paré de banderoles « non à la réforme territoriale sans l’accord de tous les policiers » et « la reconnaissance du policier francilien, un enjeu vital », ils sont partis dans la matinée de Nanterre pour rejoindre dans la soirée Maison-Alfort, en passant par Paris et Bobigny. « On souhaite que le projet soit remis sur la table et qu’une vraie discussion soit enfin ouverte avec les élus et les policiers franciliens », explique Eddy Sid, porte-parole en Ile-de-France du syndicat.

La préfecture de police souhaite mutualiser plusieurs services judiciaires et de police-secours dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis la nuit et les week-ends. Une expérimentation devrait être menée dès le mois de septembre dans les commissariats de Vincennes, Nogent-sur-Marne et Fontenay-sous-Bois. « Ces évolutions procèdent d’un seul et même objectif, affirme la préfecture, améliorer l’efficacité du service rendu aux citoyens tout en maintenant le maillage territorial de proximité. » Elle y voit un moyen de rendre « l’organisation plus efficiente » et de faire face à un manque d’effectifs aux heures creuses.

« Quatre communes seront fusionnées en un seul secteur »

Le syndicat Unité SGP-Police assure qu’il s’agit en réalité d’une « fermeture déguisée » de plusieurs commissariats franciliens qui entraînera une dégradation du service. « Quand vous appellerez police-secours la nuit parce que vous avez été agressé ou cambriolé, le délai d’intervention va obligatoirement augmenter et la population en pâtira », note le syndicaliste. Et de citer en exemple le projet de fusionner la nuit et le week-end les commissariats de Stains et Epinay. « Quatre communes seront fusionnées en un seul secteur. Si une personne se fait agresser à Villetaneuse un soir, elle devra traverser les quatre villes pour porter plainte. »

Aux yeux des manifestants, cette réorganisation va à l’encontre de la police de sécurité du quotidien de la fin de la politique du chiffre prônée par le gouvernement. « Quand on sait que sur les 25 commissariats des Hauts-de-Seine, 23 sont concernés par les fusions, on a un peu de mal à voir comment on peut se rapprocher de la population », conclut Eddy Sid.