A quelle sauce vont être mangés les collégiens sur Affelnet, le système d'affectation dans les lycées?

EDUCATION Les résultats d’affectation en lycée tombent ce vendredi...

Delphine Bancaud

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Le lycée Colbert a Paris.
Le lycée Colbert a Paris. — CHAMUSSY/SIPA
  • Chaque année, le système d’affectation en lycée, Affelnet, fait des déçus.
  • Ce sont les élèves des districts est et nord qui sont le plus mécontents de ce qu’ils obtiennent, car beaucoup d’élèves demandent les mêmes établissements.
  • Certains élèves n’obtiennent pas d’affectation lors de la première phase d’Affelnet et doivent formuler de nouveaux vœux pour décrocher une inscription au lycée.

Ce vendredi, les collégiens de 3e achèveront leur dernière épreuve du brevet, mais ce ne sera pas leur seule émotion de la journée : car ils connaîtront les résultats de leur demande d’affectation en lycée via Affelnet. Or, l’an dernier ce moment avait été douloureux pour certaines familles, car des élèves n’avaient été affectés nulle part et d’autres n’avaient pas obtenu leurs premiers choix. Des solutions, plus ou moins plaisantes, leur avaient été trouvées ensuite. 20 Minutes explique à quoi les familles peuvent s’attendre cette année et comment réagir face aux différents cas de figure.

L’élève n’a pas obtenu ses premiers choix de lycée, comment cela s’explique-t-il ?

Les critères pris en compte dans la procédure Affelnet sont : le niveau de maîtrise du socle commun de compétences par l’élève, ses notes, s’il est boursier ou pas ou s’il a suivi toute sa scolarité dans un collège de l’éducation prioritaire (pour les non-boursiers). Ces deux critères ayant été mis en place pour instaurer davantage de mixité sociale dans les établissements. « On se rend compte que chaque année, ce sont les élèves des districts est et nord qui sont le plus mécontents de ce qu’ils obtiennent, car beaucoup d’élèves demandent les mêmes établissements et les capacités d’accueil de ces derniers sont vite saturées », explique Elise Lemaire, membre d’un collectif Parents d’élèves à Paris. Une situation qui ne devrait pas trop changer cette année, selon Samuel Cywie, président de la Peep Paris : « Il y aura des déçus dans les districts est et nord et quasiment pas dans le district ouest », martèle-t-il. « Dans le district est, 50 % des élèves vont avoir un bonus (parce qu’ils sont boursiers ou qu’ils ont suivi leur scolarité en REP). Du coup, il y aura plus d’élèves prioritaires qui obtiendront leurs premiers choix et donc moins de places pour les autres élèves dans les lycées très cotés », complète Hervé Rindzunski, membre d’un collectif Parents d’élèves à Paris.

Comment réagir dans ce cas-là ?

« Il n’y a pas de mauvais lycée et il y a des enseignants formidables dans des établissements qui ne sont pas bien classés dans les palmarès des lycées », tient d’abord à rappeler Elise Lemaire. Même son de cloche chez Samuel Ciwie : « souvent la réputation des lycées n’est pas justifiée. Et dans les lycées moins demandés, les équipes sont motivées et les classes sont parfois moins chargées », souligne-t-il. Le fait d’aller dans un lycée moins coté n’est pas forcément préjudiciable à la scolarité de l’élève surtout s’il se retrouve avec des camarades : « Il est sociologiquement démontré que le fait d’arriver au lycée avec un groupe d’amis de la 3e est corrélé avec de meilleurs résultats au bac. Cela crée une certaine émulation », complète Hervé Rindzunski. « Il ne faut pas hésiter à demander conseil à son professeur principal de 3e ou à son principal de collège pour se faire une idée plus claire de l’établissement proposé », conseille Clotilde Du Mesnil, coach en orientation et fondatrice de CoWin Coaching.

Reste que certains élèves vivent mal de ne pas être pris dans l’établissement de leur rêve. « Dans ce cas, il existe des recours possibles et nous mettons à disposition des parents des dossiers de contestation pré-remplis sur le site parentsdeleves75.fr », explique Elise Lemaire. La Peep propose aussi son soutien aux familles déçues pour les aider à forcer les portes d’un établissement. Et certaines familles obtiennent au final gain de cause, même si c’est loin d’être systématique.

Y aura-t-il encore des élèves non affectés cette année ?

L’an dernier, selon le rectorat de Paris, 224 élèves étaient sans affectation à l’issue de la première vague d’affectation en seconde générale et technologique d’Affelnet. Une situation qu’explique aisément Laurent Hugot, chef du service académique d’information et d’orientation de Paris dans La Croix : « Bien souvent, un élève se retrouve sans affectation parce qu’il n’a émis que trois ou quatre voeux sur les huit recommandés. Si ces choix sont trop ciblés, il risque de se retrouver sans une place au lycée au premier tour d’Affelnet ». Hervé Rindzunski, membre d’un collectif Parents d’élèves à Paris et informaticien a fait une simulation d’Affelnet et se montre assez pessimiste pour cette année : « Selon mes calculs, il y aura entre 500 et 700 élèves non affectés, surtout dans le district est de Paris », observe-t-il.

Que faire dans ce cas-là ?

« Il y a un deuxième tour d’Affelnet du 3 au 6 juillet. Dans ce cadre, l’élève peut reformuler des vœux dans lycées ayant encore des places disponibles », explique Clotilde Du Mesnil. « Si après cette étape, le collégien n’a toujours pas d’affectation, son dossier est traité manuellement et on lui trouve un lycée avant la rentrée », explique à La Croix, Laurent Hugot, chef du service académique d’information et d’orientation de Paris.

Est-il possible que des lycées accueillent une très forte proportion de boursiers comme il y a deux ans ?

Non, car un quota maximal de 50 % de boursiers par établissement a été fixé cette année.

Etre pris dans un lycée bien noté est-il toujours une chance ?

« Non, car les conditions d’accueil des élèves boursiers ne sont pas toujours optimales. Et certains de ces élèves ont besoin de cours de soutien pour rattraper le niveau de leurs camarades. Or, tous les lycées n’offrent pas l’accompagnement nécessaire à ces élèves, ce qui permettrait pourtant de rétablir une véritable égalité des chances entre les élèves », estime Elise Lemaire. « Par ailleurs, les lycées élitistes ne gardent pas toujours tous leurs élèves à l’issue de la seconde », observe Hervé Rindzunski.