• Valérie Pécresse s’engage à ne pas augmenter le passe Navigo pour l’année 2018. Il reste donc à 75,20 euros par mois.
  • « Le passe Navigo unique avait creusé un trou dans la caisse de 480 millions d’euros par an. Cette ardoise, nous l’avons comblée cette année », assure-t-elle.
  • Autre « bonne nouvelle » annoncée par Valérie Pécresse à 20 Minutes, la climatisation de tous les nouveaux bus achetés à partir de 2019.

« J’ai décidé de ne pas augmenter le tarif du passe Navigo pour l’année 2018, ni du forfait Imagine R. » Lundi, dans son bureau de présidente de la région Ile-de-France à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Valérie Pécresse, également présidente d’Ile-de-France Mobilités, se réjouit d’annoncer sa « bonne nouvelle » en exclusivité à 20 Minutes.

Après deux augmentations successives, le passe Navigo mois reste donc à 75,20 euros et l’abonnement annuel Imagine R pour les Franciliens scolarisés de -26 ans à 342 euros. Cette « bonne nouvelle » est accompagnée d’une autre : « la climatisation de tous les bus achetés à partir de 2019 ».

Pour quelles raisons, la grille tarifaire n’augmente-t-elle pas à la rentrée ?

Pour deux raisons, la première et la plus importante ; les Franciliens ont vécu une année de galère indescriptible, liée aux travaux et surtout à ces mois de grève. Une épreuve qui n’est toujours pas terminée [dernier épisode ce mercredi et ce jeudi mais la CGT et Sud Rail envisagent une poursuite du mouvement en juillet et en août]. Je n’imaginais donc pas de leur faire supporter une hausse des tarifs. Ensuite, nous avons mené un vrai combat : nous avons redressé la situation financière d’Ile-de-France Mobilités qui était totalement dégradée quand je suis arrivée en 2016. Le passe Navigo unique avait creusé un trou dans la caisse de 480 millions d’euros par an. Cette ardoise, nous l’avons comblée cette année.

Comment ?

Grâce à l’accord passé, au bout d’un an de bras de fer avec Manuel Valls, permettant d’augmenter le versement transport des entreprises. Ces dernières ont payé 360 millions d’euros. Il y a aussi eu une centaine de millions d’euros payés par l’Etat via le transfert de la taxe carbone sur l’essence. Ce sont donc les automobilistes et les entreprises qui ont payé le passe unique. Enfin, nous enregistrons une augmentation de la fréquentation assez significative cette année (+3,5 %), liée à l’effet tarif mais aussi à l’arrivée d’un certain nombre de matériels roulants neufs qui rendent les trajets plus attractifs.

En 2015, vous aviez promis de ne pas toucher au prix du passe Navigo. Après deux augmentations, il n’y en aura plus ?

Je m’étais engagée à ne pas faire payer l’ardoise du passe unique par les Franciliens. Ils ne l’ont pas payée. Il y a eu deux augmentations ces dernières années, de cinq euros au total consacrées intégralement à améliorer la qualité du service. Cela a contribué à acheter 250 trains neufs, 250 bus propres, de renforcer 250 lignes de bus, et de créer 8.000 places de parking relais. Nous voulons une tarification juste. Quand on augmente le passe, c’est pour financer une amélioration de service. Je ne peux pas m’engager sur une non-augmentation dans les années futures. Il y a énormément de paramètres qu’on ne peut pas prévoir : la croissance, la fréquentation des rames, les conséquences de la grève. Mais je ferai tout pour que les hausses soient les plus faibles possible, s’il doit y en avoir. A ce stade, je ne peux rien promettre de plus, ni m’engager.

Vous parlez de la grève à la SNCF, quel peut être son impact sur les usagers ?

C’est la grande interrogation. La grève peut en avoir détourné un certain nombre des transports en commun. C’est pour ça que je me suis battue pour le remboursement. Le site de dédommagement est ouvert depuis le 19 juin. J’ai obtenu deux fois 50 % de remboursement en avril et en mai. Pour ceux qui ont le remboursement employeur, ça leur fait deux mois intégralement remboursés. C’est un vrai geste de la SNCF. Si la grève continue jusqu’à la fin du mois [de juin], il me paraît indispensable que la SNCF fasse un geste supplémentaire en direction des voyageurs. On n’est pas en dessous du service minimum [un train sur trois], mais c’est un mois très très pénible. J’ai demandé un geste particulier pour les lignes qui ont le plus souffert où il n’y a quasiment pas eu de trafic [P, R, sud du RER D notamment]. Quand le service n’est pas garanti, qu’il est dégradé, on demande aux opérateurs de prendre en charge l’indemnisation. Il faut se mettre dans une logique client, ils paient, ils doivent avoir un service et s’il n’est pas garanti ou fait, il y a des gestes commerciaux à faire vis-à-vis d’eux. Ce sont des gestes de respect. Ah, mais je ne vous ai pas donné la deuxième bonne nouvelle ! (sourire)

Laquelle ?

A partir de 2019, tous les nouveaux bus que nous achetons seront équipés de la climatisation. Ce sera un système de climatisation doux pour ne pas trop consommer d’énergie. C’est un vrai changement de position Ile-de-France Mobilités, mes prédécesseurs de gauche avaient pris position il y a 10 ans contre la climatisation dans les bus pour des raisons d’économie. Compte tenu du réchauffement climatique et des pics de chaleur qu’on a maintenant très régulièrement en Ile-de-France et qui vont s’accroître, la climatisation dans les bus, c’est indispensable.

Dans 11 lignes de bus de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis, depuis mars, est expérimenté l’arrêt à la demande. Avez-vous déjà des retours ?

Oui, la semaine dernière j’étais au dépôt Transdev de Villepinte (Seine-Saint-Denis) où a été lancée la première expérimentation d’arrêts à la demande la nuit. Les premiers retours qui sont embryonnaires montrent que le service est utilisé une ou deux fois par nuit seulement, moitié par des hommes, moitié par des femmes. Toutes les inquiétudes sur « ça va dégrader le service, ça va être utilisé par des plaisantins, ça va retarder les bus », etc., a priori, bonne nouvelle, ne sont pas vérifiés. C’est vraiment un service de plus qu’on offre à des voyageurs qui veulent être déposés plus près de chez eux, pour des raisons de sécurité, ou simplement gagner du temps. Si c’est confirmé sur les autres lignes, ça voudrait dire que les inquiétudes des syndicats de conducteurs pourraient être levées. On pourrait étendre le service en 2019 sur d’autres lignes.