Vincent Bolloré au volant d'une Autolib en 2014.
Vincent Bolloré au volant d'une Autolib en 2014. — Jacques Brinon/AP/SIPA

TRANSPORTS

Fin d’Autolib’ à Paris: Bornes, voitures, facture… Et maintenant?

C’est la fin pour les petites voitures électriques grises d’Autolib' à Paris et sa banlieue…

  • Paris et sa banlieue ont voté la résiliation du contrat Autolib'.
  • Le Syndicat mixte Autolib' Vélib' refusait de verser les 233,7 millions d’euros demandés par le groupe Bolloré.

Clap de fin. Ce jeudi, la résiliation anticipée du contrat avec le groupe Bolloré a été votée. Le Syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) a soumis aux voix des 103 communes partenaires une délibération actant la fin de ce service de libre partage, lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë et qui devait courir jusqu’à 2023. En cause, la dette abyssale de 293,6 millions d’euros du service : le groupe Bolloré est tenu de verser 60 millions d’euros, le reste est à charge des collectivités, et notamment à la mairie de Paris, soit 233 millions d’euros. Une compensation que la maire de Paris Anne hidalgo avait jugée « abracadabrantesque » et que le SAVM « a refusé de verser » et l’a indiqué au groupe Bolloré par courrier du 25 mai, ce qui a entraîné la « résiliation du contrat au 25 juin 2018 », a indiqué le Syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole, ce jeudi.

Les petites voitures électriques grises d’Autolib' vont donc cesser de rouler à Paris et en banlieue. Avenir des bornes, des voitures, des salariés, coût de l’opération de résiliation, pistes pour un nouvel opérateur… 20 Minutes fait le point sur la situation.

Quel avenir pour les bornes et voitures ?

Le groupe Bolloré avait assuré que l’arrêt du service pourrait être immédiat. « Nous recevrons sans doute dans les prochains jours la notification de résiliation de la part du Syndicat Autolib' Vélib' Métropole et ensuite le service s’arrête (ra) », a confié la directrice de la mobilité du Groupe Bolloré, Marie Bolloré sur franceinfo Toutefois, le syndicat plaide quant à lui pour un retrait progressif du service.

Le syndicat mixte doit désormais « négocier avec le groupe Bolloré un protocole de sortie de contrat afin de régler l’ensemble des modalités opérationnelles ». Aucune date effective de l’arrêt du service n’a été pour l’instant fixée.

Autolib' détient en Ile-de-France 6.200 places de stationnement équipées de bornes de recharge. Propriétés de la ville de Paris, elles pourraient être utilisées pour d’autres services d’autopartage. Quant aux voitures, qui appartiennent à Bolloré, la question de leur avenir ou d’un déploiement de la flotte dans une autre ville, reste en suspens.

Quid des salariés ?

Paris et les autres communes partenaires d’Autolib', vont demander au groupe Bolloré de reclasser « rapidement » les 254 salariés du dispositif, avait indiqué mercredi le syndicat mixte gestionnaire Autolib' Vélib' Metropole. Pour la SAVM, le groupe porte « l’entière responsabilité » de ces salariés, et demande qu’ils soient « reclassés rapidement dans d’autres filiales du groupe, cela dans le respect le plus strict du dialogue social ». Du côté de Bolloré, on estime le contraire et que c’est au syndicat mixte de prendre en charge les 254 salariés.

Quel coût pour cette résiliation ?

Le coût de cette résiliation anticipée est chiffré côté Bolloré à 300 millions d’euros mais à seulement « plusieurs dizaines de millions d’euros » pour la présidente du syndicat Catherine Baratti-Elbaz. « Nous irons faire prospérer nos systèmes d’autopartage là où on nous accueille », a commenté le directeur général du groupe Bolloré Gilles Alix, présent dans la salle, rapporte l’AFP. Le groupe va « continuer à se battre devant le tribunal administratif », a annoncé le DG.

Vers un nouvel opérateur d’autopartage dans la capitale ?

Sans attendre la rupture effective, Anne Hidalgo a reçu à la mi-juin des constructeurs désireux de reprendre le marché parisien, sous d’autres formes, qui pourraient démarrer rapidement. La présidente du syndicat Catherine Baratti-Elbaz affirme être « d’ores et déjà en discussion avec de nombreux acteurs pour organiser très vite ces nouvelles solutions d’autopartage. Les premières seront initiées avant la fin de l’année. »