Dette XXL d'Autolib', le groupe Bolloré avait des «prévisions trop optimistes» au départ

SOCIETE Le groupe Bolloré demande toujours aux collectivités, dont Paris, d’éponger la lourde dette du dispositif de voitures électriques en partage…

R.L.

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Des Autolib à Paris, dans le 15e arrondissement, le 4 décembre 2012.
Des Autolib à Paris, dans le 15e arrondissement, le 4 décembre 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quatre-vingts pages tenues jusqu’ici, secrètes. Le Monde a eu accès à l’audit du cabinet EY (anciennement Ernst & Young) concernant le différend entre la Mairie de Paris, le Syndicat Autolib' et Velib’ métropole (SAVM) et le groupe Bolloré, qui réclame 233 millions d’euros d’ici à 2023 pour éponger le déficit d'Autolib', le service de voitures électriques en libre-service. Que dit ce document ?

Des « prévisions trop optimistes »

La lecture de l’audit montre que le groupe Bolloré​ a établi des « prévisions trop optimistes » au départ, note Le Monde. « L’optimisme des prévisions initiales en termes d’utilisation du service semble expliquer la majeure partie du déficit constaté », écrit l’audit.

S’il constate « une croissance de l’activité moins dynamique que prévu », il met en évidence des « dépenses d’investissement plus élevées ». L’écart entre l’estimation initiale de Bolloré en 2011 et les dépenses constatées en 2016 est de près de 80 millions d’euros, soit un quasi-doublement (95 %) par rapport au montant de départ, précise le quotidien.

Cet audit a été suivi par la mise en place d’un comité de conciliation entre le groupe Bolloré et le SAVM mais n’a pas permis de dégager un accord. Toujours est-il que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a organisé une réunion avec des constructeurs automobiles pour discuter d’alternatives à Autolib'.