VIDEO. Attentat à «Charlie Hebdo»: Dessins, lettres d'amour ou d'insultes... Le journal veut donner ses documents aux Archives de Paris

MEMOIRE Si ce don de plus de 55.000 documents est validé, il faudra attendre deux ans avant que le public ne puisse y avoir accès…

F.H. avec AFP

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Le premier «Charlie Hebdo» après l'attentat du 7 janvier 2015. (Illustration)
Le premier «Charlie Hebdo» après l'attentat du 7 janvier 2015. (Illustration) — Gilles Varela
  • Ce projet de don doit encore être validé par le Conseil de Paris lors de sa prochaine réunion en juillet.
  • Trente-cinq grands cartons contenant des milliers de documents ont d’ores et déjà été transférés des locaux du journal à ceux des Archives.
  • Plusieurs universitaires et sociologues, notamment ceux qui travaillent sur les réactions post-attentats, souhaitent pouvoir consulter tous les documents et en ont déjà fait la demande aux Archives.

«Je pense que ça fait partie de l'histoire et de la mémoire de la ville de Paris.» Charlie Hebdo veut donner les milliers de dessins, lettres d'amour, d'insultes ou de soutien reçus après l'attentat du 7 janvier 2015 aux Archives de Paris. C'est ce qu'a expluiqué Riss, directeur et codétenteur du journal satirique, à l'AFP. 

Une fois classés par les Archives, ces documents seront accessibles au public, notamment aux chercheurs, à l'instar des milliers de témoignages de soutien déposés sur les sites des attentats du 13 novembre et indexés par celles-ci.

Plus de 56.000 documents déjà transmis aux Archives

Pour être effectif, ce projet de don doit encore être validé par le Conseil de Paris lors de sa prochaine réunion en juillet. Pour Guillaume Nahon, directeur des Archives de Paris, le «fonds Charlie» «a sa place aux Archives» : «Il est d'une grande richesse et formera un ensemble très cohérent avec les archives du 13-novembre pour pouvoir comprendre les réactions du public aux attentats de 2015».

Trente-cinq grands cartons contenant entre 56.000 et 70.000 documents ont d'ores et déjà été transférés des locaux du journal à ceux des Archives. Ils ont rejoint les quelques 67 kilomètres linéaires de documents que la Ville conserve dans le nord de la capitale. «Cela représente environ douze mètres linéaires de documents. C'est un travail de classement très important, il faudra faire l'inventaire et l'indexation de chaque pièce, ainsi que leur analyse juridique», souligne Guillaume Nahon. «Le fonds sera accessible dans deux ans car c'est un matériau brut dont il faut vérifier la communicabilité [la possibilité légale d'être montré au public, ndlr]», poursuit-il.

Les dessins d'enfants constituent la part la plus importante du fonds 

Il a fallu un an et demi aux deux archivistes volontaires pour classer les documents post 13 novembre. Ce sont les mêmes employés qui s'occuperont du fonds Charlie, dont une partie sera à terme consultable en ligne, sur le site des Archives.

Les lettres de soutien, environ 20.000 documents, sont pour la grande majorité signées et doivent être anonymisées avant d'être accessibles au public. Les dessins d'enfants constituent la part la plus importante du fonds (douze cartons soit au moins 24.000 documents).

Plusieurs universitaires et sociologues, notamment ceux qui travaillent sur les réactions post-attentats, souhaitent pouvoir consulter tous les documents et en ont déjà fait la demande aux Archives. «C'était dommage de ne pas utiliser tous ces courriers. On s'est dit que les universitaires pourraient en tirer partie mieux que nous. Les mettre à disposition et les conserver, ça demande un travail de spécialiste», estime Riss.

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