Ile-de-France: Les premiers «coffee-shops» de weed et cannabis au CBD ouvrent leurs portes

SOCIETE Les magasins proposant des produits au CBD (Cannabidiol) débarquent dans la capitale…

Romain Lescurieux

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Cofyshop a ouvert ce jeudi matin
Cofyshop a ouvert ce jeudi matin — R.LESCURIEUX / 20Minutes
  • De nombreuses boutiques de ce type ouvrent en France depuis quelques mois. 
  • Le CBD peut s'acheter sous diverses formes :  en cristaux, en sirop, en huile, en liquide à vapoter et sous forme d'herbe.
  • La supposée utilisation pour apaiser notamment douleurs et anxiété fait débat.

Fais tourner le buzz. Après Besançon ou encore Annœullin près de Lille, les premières boutiques où on peut acheter de la weed ou du cannabis au CBD, fleurissent désormais en région parisienne, entre pochons alignés dans les vitrines et odeur d’herbes. Version light.

A quelques jours d’intervalle, ces commerces ont été ouverts à Puteaux dans les Hauts-de-Seine et dans le 11e arrondissement de Paris, rue Amelot, ce jeudi. Leur nom : E-Klop et Cofyshop. L’homme derrière la vitrine de cette dernière échoppe est bien connu des polémiques parisiennes. Joaquim Lousquy a monté il y a quelques mois Xdolls, le premier établissement français de location de poupées sexuelles. Du silicone au pétard, il n’y a qu’un pas. Il revient pour 20 Minutes sur son nouveau biz.

Après les poupées sexuelles, Joaquim lousquy se lance dans la weed light
Après les poupées sexuelles, Joaquim lousquy se lance dans la weed light - R.LESCURIEUX / 20Minutes

« Il m’est apparu évident d’ouvrir ça à Paris »

« Comme pour Xdolls, je suis tombé sur un article de presse parlant cette fois-ci du CBD et une fois de plus j’ai trouvé le produit intéressant et je me suis lancé car il m’est apparu évident d’ouvrir ça à Paris », explique-t-il, fièrement, de l’herbe « Super Skunk » dans la main. Mais concrètement de quoi parle-t-on ? Le CBD ou cannabidiol est une molécule dérivée du cannabis. Cette substance extraite du chanvre - qui n’a pas les effets psychoactifs du THC - peut s’acheter en France sous diverses formes : en cristaux, en sirop, en huile, en liquide à vapoter, en résine, en pollen, en baume, en sucreries ou encore en infusion.

Coincé dans un cadre juridique flou, le CBD n’a rien d’illégal. Ni de concrètement légal. Une chose est certaine, en novembre, le ministère de la Santé a annoncé que sa présence dans des produits de consommation était autorisée. Et ce, tant que le taux de THC ne dépassait pas 0,2  %. Alors, des commerçants surfent sur la tendance et ont aujourd’hui pignon sur rue. Joaquim Lousquy s’en félicite mais rappelle qu’il n’est pas médecin. Ni dealer.

« On vend ça, comme on vendrait une table ou une chaise »

« Ce n’est ni un médicament, ni un relaxant. On n’est pas médecins. Je déconseille à tout le monde de fumer. Nous, on vend ça comme un produit de bien commun, comme on vendrait une table ou une chaise », détaille-t-il. Sur les bocaux d’herbe provenant de Suisse, une étiquette indique même « ne pas fumer ». « Après, chacun fait ce qu’il veut », sourit-il. Même son de cloche à Puteaux. « Je ne vends pas de produits au CBD pour qu’ils soient fumés en pétard, mais pour les gens qui veulent retrouver le goût autrement », explique Stéphane Bélaiche, 46 ans, fondateur et gérant de E-Klop.

Coincé dans un cadre juridique flou, le CBD n’a toutefois rien d’illégal
Coincé dans un cadre juridique flou, le CBD n’a toutefois rien d’illégal - R.LESCURIEUX / 20Minutes

Lui, a ouvert sa boutique il y a 5 ans, mais s’est lancé dans le CBD récemment. « Je vendais déjà dans ma boutique du CBD liquide mais je me suis lancé naturellement il y a quelques jours dans ce fameux cannabis light », ajoute-t-il, ventant en revanche lui des vertus thérapeutiques. Mais cette supposée utilisation pour apaiser notamment douleurs et anxiété, fait toutefois débat.

CBD : pétard mouillé ?

La Direction générale de la santé (DGS) souligne qu'« aucune vertu thérapeutique ne peut être revendiquée notamment par les fabricants, vendeurs de produits, contenant du CBD ». Et certaines publicités entretiennent « une confusion entre le cannabis et le CBD et font ainsi la promotion du cannabis », une pratique susceptible « de constituer l’infraction pénale de provocation à l’usage de stupéfiant ». Joint par 20 Minutes, Dan Velea, psychiatre addictologue dans le VIe arrondissement confirme la « problématique ».

« Il n’y a pas assez d’études et nous n’avons pas assez de recul sur la substance mais il y a un risque que les usagers retournent au cannabis contenant du THC et surtout que le CBD soit une porte d’entrée vers le produit, pour les nouveaux consommateurs ». Qu’importe pour les vendeurs de weed light.

« Ça va cartonner », lance Stéphane Bélaiche qui vend son gramme entre 20 et 25 euros à destination d’un public de « cadres et professions libérales ». Joaquim Lousquy qui met l’accent sur quatre herbes différentes, a déjà lui, prévu d’ouvrir de nouvelles boutiques dans le XVe, XVIIe, l’Essonne et le Val-de-Marne. Sans inquiétude ? « Si la police peut venir saisir le stock car il n’y a aucun moyen de distinguer la "vrai" weed de la "fausse". Mais ils la rendront après analyses. C’est le jeu ».