Grève à la SNCF: Au cœur de la cellule de crise des Transiliens qui gère 6.000 trains par jour en Ile-de-France

REPORTAGE La cellule de crise des Transiliens s'occupe depuis deux mois des prévisions de trafic en Ile-de-France pendant la grève des cheminots...

Lucie Bras

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Sur le quai de la gare Saint-Lazare, le 9 avril 2018.
Sur le quai de la gare Saint-Lazare, le 9 avril 2018. — Philippe LOPEZ / AFP
  • A Paris, une quinzaine d’employés s’occupent de gérer les transports en Ile-de-France sept jours sur sept pendant le mouvement social.
  • Cette cellule de crise doit composer avec les préavis de grève pour gérer 15 lignes de transports et assurer 3.000 voyages.
  • Les cheminots entrent samedi dans leur 25e journée de grève, deux mois après le début du mouvement contre la réforme de la SNCF.

Samedi, les cheminots entament leur 25e jour de grève. Depuis le début du mouvement, qui a commencé en avril, plusieurs cellules de crise gèrent au jour le jour la circulation des trains. Au siège de la SNCF à Paris, celle qui gère le trafic Transilien travaille sept jours sur sept pour réorganiser les transports en Ile-de-France.

La réunion de travail de la cellule de crise des Transiliens, le 31 mai 2018.
La réunion de travail de la cellule de crise des Transiliens, le 31 mai 2018. - L.Bras/20 Minutes

C’est dans une salle de réunion, au 9e étage, que se trouve la cellule de crise des Transiliens. Là, une quinzaine d’agents se relaie chaque jour pour donner les prévisions de trafic à 17 heures, la veille de votre train.

Dans la grande salle lumineuse aux murs blancs, l’ambiance est studieuse. Jean-Stéphane Monnet, directeur d’exploitation Transilien, note au marqueur des informations sur le tableau blanc. Ces informations, ce sont les prévisions de trafic de samedi, qui se dessinent petit à petit. « On est S3 + », « Vision matérielle », « couverture »… Le langage est technique. Chaque jour, il est en contact téléphonique avec une quarantaine d’agents de la SNCF partout en Ile-de-France, qui lui indiquent leurs derniers chiffres. Face à lui, des « spécialistes » sont en communication avec les agents de terrain, chacun dans son domaine :  les conducteurs, les trains disponibles ou encore les aiguillages assurés.

« Pas d’autre solution que le train »

Dans la cellule, Nathalie Nilson fait partie de ces spécialistes. Elle est chargée de l’information des voyageurs. Doit-on dire « trafic perturbé » ou « trafic très perturbé » ? C’est elle qui décide, qui donne les éléments de langage qui seront affichés dans toutes les gares et sur Internet, en fonction des données de circulation. Pour la journée de samedi, elle a décidé que le trafic serait « fortement perturbé, avec une vigilance particulière sur la soirée ». Et pour cause : samedi 2 juin, en soirée, c’est la finale du TOP 14 au Stade de France, en zone Transilien.

Le tableau sur lequel est organisée la circulation des 3.000 trains les jours de grève.
Le tableau sur lequel est organisée la circulation des 3.000 trains les jours de grève. - L.Bras/20 Minutes

Cette cellule de crise gère 15 lignes, du RER A (hors zone RATP) à la ligne U, en passant par les tramways 4 et 11. En tout, cela représente 6.000 trains par jour, soit « trois quarts des trains qui circulent en France », résume Jean-Stéphane Monnet. Les jours de grève, on en compte entre 2.500 et 4.000. Sur ces milliers de trajets, la cellule est chargée de faire de « l’orientation stratégique ».

En d’autres termes : avec ces moyens réduits, il faut déterminer quels trains vont circuler, lesquels seront supprimés. « Dans nos priorités, on essaie de prendre en compte le fait que, sur certains territoires, il n’existe pas d’autre solution que le train, comme en Seine-et-Marne par exemple », explique-t-il. « On essaie aussi de garder un peu de cohérence sur les lignes. Les gens s’habituent aux horaires des jours de grève. »

98 % des transports promis sont assurés

En contact « permanent » avec la préfecture, ils peuvent aussi pour faciliter la circulation sur les autoroutes. « Les jours de très grande grève, les conditions de circulations sont moins bonnes. On les informe et ils peuvent donc réguler le trafic autant qu’ils peuvent », explique Jean-Stéphane Monnet.

Des erreurs ? Des coups de chaud ? « On essaie de faire en sorte qu’il n’y en ait pas », préfère dire Jean-Stéphane Monnet. Cette cellule de crise doit néanmoins respecter une deadline, la SNCF ayant promis l’annonce des prévisions de trafic la veille de chaque jour de grève à 17 heures. Ce vendredi à 11 heures, l’équipe a livré un premier document, affiné dans la journée avant d’envoyer quelques heures plus tard une note définitive aux usagers, celle qui se rapproche le plus de la réalité. En moyenne, « 98 % des transports promis lors de chaque jour de grève sont assurés », affirme Jean-Stéphane Monnet.

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