Paris: «Quand on est locataire d’un logement social, un des devoirs est de ne pas pourrir la vie de ses voisins»

INTERVIEW Cent personnes de chez Paris Habitat vont être assermentées cette semaine afin de dresser des PV. Ian Brossat adjoint au logement d’Anne Hidalgo, explique ce dispositif...

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Ian Brossat est le nouvel adjoint au maire de Paris en charge du logement et de l'hébergement d'urgence.
Ian Brossat est le nouvel adjoint au maire de Paris en charge du logement et de l'hébergement d'urgence. — © A. Gelebart / 20 Minutes
  • 100 agents Paris Habitat vont être assermentés pour dresser des PV
  • Le but est de lutter davantage contre les incivilités dans le parc social

La guerre aux incivilités est déclarée. Paris Habitat, bailleur social de la ville, va assermenter 100 agents afin de dresser des PV aux locataires qui se rendraient coupables d’infractions.

Après avoir reçu une formation, ces agents – gardiens d’immeubles ou conseillers sûreté – vont ainsi prêter serment cette semaine au palais de justice. Ils auront alors le statut de « gardes particuliers assermentés » et pourront sanctionner les locataires qui ne respecteraient pas les règles de vivre-ensemble. Alors que ce dispositif va s’étendre dans le parc social parisien, Ian Brossat adjoint PCF au logement d’Anne Hidalgo, revient pour 20 Minutes sur cette initiative de la mairie.

Pourquoi ce dispositif était devenu nécessaire dans la capitale ?

Dans nos immeubles, nous sommes confrontés à trop d’incivilités. Si je regarde les derniers chiffres, il y a à Paris, dans nos logements sociaux, 26.000 familles qui demandent à changer de logements. Et parmi ces 26.000 familles, une sur quatre, motive sa demande par des problèmes d’incivilités dans leur immeuble. C’est un nombre qui a augmenté au cours des dernières années. Si je m’en tiens à Paris Habitat, premier bailleur de la ville, les incivilités sont le premier motif de réclamation. Nous avons donc décidé de mettre en place des mesures supplémentaires pour faire reculer ces incivilités. Cent agents Paris Habitat, qui se sont tous portés volontaires, vont ainsi être assermentés pour verbaliser des infractions.

Concrètement que vont-ils contrôler ?

L’idée est de lutter contre quatre phénomènes : l’atteinte aux personnes, outrages et insultes ; les atteintes aux biens, dégradations et épanchements d’urine dans les parties communes ; l’atteinte à l’environnement, notamment les nuisances sonores ; et enfin, les atteintes à la propriété, comme le dépôt illégal d’objets encombrants ou les jets de poubelles par les fenêtres. Les agents assermentés de Paris Habitat pourront émettre des PV sur ces quatre types d’infractions. Ils disposeront de documents type à remplir et les PV seront ensuite transmis à la police ou au parquet, qui établira la sanction au locataire qui n’aura pas respecté les règles.

Comment seront-ils répartis ?

Ils interviendront en fonction des signalements. Quand un agent est par exemple un gardien, il interviendra dans son immeuble. Quand c’est un conseiller sûreté, il rayonnera sur un espace plus large et pourra intervenir dans plusieurs immeubles. Mais l’idée est de couvrir l’ensemble du parc de Paris Habitat, soit 120.000 logements.

Le prix des amendes est fixé à combien ?

Le montant des amendes varie selon la nature des infractions. Ça va de 38 euros pour une insulte à 1.500 euros pour une dégradation par exemple. Rappelons que les amendes ne sont pas perçues par le bailleur.

Ce dispositif va-t-il être étendu à d’autres bailleurs sociaux ?

Oui, les deux autres bailleurs sociaux qui dépendent de la ville de Paris, la RIVP et Elogie-Siemp, travaillent en ce moment à mettre en place le même dispositif. Car quand on est locataire d’un logement social on a des droits et des devoirs. Et parmi ces devoirs, il y a celui de ne pas pourrir la vie de ses voisins.