Hommage à la policière noyée dans la Seine: «Je comprends votre colère», déclare le préfet de police

CEREMONIE Le 5 janvier 2018, lors d’un exercice dans la Seine à Paris, une policière de la brigade fluviale a disparu. Après la découverte de son corps, fin avril, un hommage lui a été rendu ce lundi…

F.H. avec AFP

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Des policiers de la brigade fluviale sur la Seine. (Illustration)
Des policiers de la brigade fluviale sur la Seine. (Illustration) — Jacques Witt / Sipa/SIPA
  • La jeune femme de 27 ans a disparu lors d’un exercice dans la Seine alors en « vigilance jaune ».
  • L’avocat de la famille de la policière vient de se porter partie civile car une erreur fatale à la jeune femme aurait été commise lors de l’exercice.

Pendant quatre mois, son corps a été recherché. Portée disparue le 5 janvier après un exercice dans la Seine à hauteur de la cathédrale Notre-Dame à Paris, la policière de la brigade fluviale Amandine Giraud a été retrouvée le 29 avril. Ce lundi matin, un hommage lui a été rendu à la préfecture de police. « Je partage votre deuil et votre peine », a déclaré le préfet de police Michel Delpuech dans son discours s’adressant aux parents de la jeune femme de 27 ans.

« Je comprends aussi votre colère, avec les innombrables questions que vous vous posez sur les circonstances du drame, l’enquête en cours […] devra apporter les réponses que vous attendez », a-t-il aussi dit.

L’exercice était-il justifié ?

La policière avait disparu quelques jours après le passage de la tempête Eleanor lors d’un exercice de routine alors que le niveau de la Seine atteignait les 3,26 m, le 5 janvier, à l’échelle du pont d’Austerlitz, ce qui correspond à la « vigilance jaune ».

Le parquet de Paris a confié à l’inspection générale de la police nationale​ (IGPN) une enquête pour rechercher les raisons de la disparition. Elle a débouché, le 23 février, sur l’ouverture d’une information judiciaire pour homicide involontaire. « Rien ne motivait qu’on mette en place cet exercice alors qu’après le passage de la tempête, la Seine est en crue », avait estimé le secrétaire départemental adjoint d’Unsa-Police, Nicolas Pucheu. La préfecture de police avait assuré de son côté que l’exercice de routine auquel participait la jeune femme était « prévu et encadré ».

Des distinctions à titre posthume

Le Canard enchaîné, citant des éléments de l’enquête, a assuré qu’au cours de l’exercice, la corde ou « ligne de vie » qui reliait la jeune femme à un Zodiac amarré au quai de Notre-Dame « a été détachée de l’embarcation à la suite d’une erreur d’appréciation » d’un moniteur.

« On nous a caché la vérité. A aucun moment la préfecture de police ne nous a dit qu’une erreur avait été commise, que le moniteur avait donné l’ordre de lâcher la ligne de vie. C’est pourquoi je me suis portée partie civile », indique dans le même article la mère de la policière, qui a choisi Eric Dupond-Moretti comme avocat. Interrogé par l’AFP dimanche, ce dernier n’a pas souhaité réagir.

Amandine Giraud a été promue à titre posthume au grade de capitaine et a reçu la médaille d’honneur de la police nationale ainsi que la médaille de la sécurité intérieure échelon or.