• La ville de Puteaux a créé une aire de jeux « genrée » pour les enfants dans un jardin public.
  • A chaque rentrée, la maire de la ville distribue un cartable rose aux filles, un bleu pour les garçons selon un opposant.
  • La maire Joëlle Ceccaldi-Raynaud dénonce une polémique créée par l’opposition.

En matière d’égalité entre les filles et les garçons, la France reste à la traîne. L’aménagement public situé dans les bas de la ville de Puteaux (Hauts-de-Seine) remet au goût du jour la polémique de lutte contre les stéréotypes sexistes. Depuis plus de deux ans rue Paul-Bert, un jardin de quartier a été réaménagé avec une disposition bien particulière et hors du commun.

A première vue, ce n’est pas tant le décor qui saute aux yeux. Il s’agit du chemin qui contribue à ne pas proposer seulement un jardin d’enfants, mais bien deux aires de jeux distinctes. Une grande allée centrale sépare, au moyen de barrières vertes, un espace bleu et un univers rose de l’autre côté. « L’ouverture de ce jardin a été problématique pour moi, témoigne Eloïse, mère de Gabriel et Pauline, tous deux âgés de quatre ans. J’ai vraiment redouté que mes enfants ne puissent pas jouer ensemble. Finalement, ils sont bien trop jeunes pour s’interroger sur l’identité sexuelle, et c’est tant mieux ! »

Le jardin situé rue Paul Bert est composé d'un espace bleu à gauche et d'un espace rose à droite.
Le jardin situé rue Paul Bert est composé d'un espace bleu à gauche et d'un espace rose à droite. - Christophe Grébert
Le jardin situé rue Paul Bert est composé d'un espace bleu à gauche et d'un espace rose à droite.
Le jardin situé rue Paul Bert est composé d'un espace bleu à gauche et d'un espace rose à droite. - Christophe Grébert

Cette stigmatisation pour le moins archaïque de la mairie n’est pas une première selon Christophe Grébert, conseiller municipal dans l’opposition et auteur du blog monputeaux.com. « A chaque rentrée, l’élue distribue un cartable rose aux filles, un bleu pour les garçons, dénonce l’opposant. Des jeux très genrés sont également offerts à l’intérieur de ces cadeaux discriminants. Il s’agit par exemple d’un kit de fabrication de bijoux pour “les princesses” et d’un kit de fabrication de robot pour “les chevaliers”. » Si chaque parent éduque comme bon lui semble son enfant selon Christophe Grébert, dans l’espace public un élu devrait éviter de véhiculer ce genre de stéréotypes dépassés avec l’argent des contribuables.

« Des enfants plus intelligents que les adultes »

Joëlle Ceccaldi-Raynaud, maire de Puteaux, dénonce une polémique montée de toutes pièces par l’opposition. « Rien n’indique que les petits garçons doivent aller dans l’univers chevaleresque et les petites filles dans le monde féerique, s’insurge-t-elle. Fort heureusement, nos bambins sont bien plus intelligents que les adultes et ces pseudo-progressistes. Ils s’amusent dans l’univers qu’ils souhaitent. »

« Je viens pour faire du toboggan après l’école, explique Théo, 5 ans, prêt à courir pour essayer toutes les petites attractions. Je joue là où sont mes copains, je m’en fiche du rose ! »