Paris: Accusée de discrimination envers des clients chinois, Balenciaga s’excuse

MODE Des clients chinois auraient été pris à partie au magasin Printemps, à Paris. Le web chinois appelant au boycott de Balenciaga, la marque de luxe s’est vue obligée de présenter ses excuses…

C. Sénécal avec AFP

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Le magasin Printemps, boulevard Haussmann, à Paris.
Le magasin Printemps, boulevard Haussmann, à Paris. — 20 MINUTES
  • Des médias officiels chinois se sont fait l’écho de cette altercation rapportée sur la messagerie WeChat.
  • Le mot-dièse appelant au boycott de Balenciaga a été consulté 23 millions de fois vendredi.
  • La clientèle chinoise reste cruciale pour l’industrie française du luxe.

Tout commence au grand magasin Printemps à Paris. D’après un compte rendu, repris par le quotidien étatique Global Times, une cliente chinoise faisait la queue mercredi au Printemps à l’entrée d’un espace  Balenciaga. Elle s’est insurgée contre des personnes doublant la file d’attente, tandis que son fils, venu à sa défense, aurait été frappé à terre. Très rapidement, l’ensemble du web chinois s’enflamme et accuse la marque de luxe de discrimination. Des clients chinois qui s’indignaient de la scène, auraient alors été priés par un employé de la marque « de quitter les lieux », selon la même source. Ce récit a suscité un déluge de commentaires furieux sur Weibo, le « Twitter chinois », où des internautes dénoncent le « racisme » dont auraient été victimes les clients chinois, tandis que se propageait un mot-dièse (consulté 23 millions de fois vendredi) appelant au boycott de Balenciaga.

Des médias officiels chinois se sont également fait l’écho de cette altercation, rapportée sur la messagerie WeChat par un internaute témoin de la scène. Le sujet figurait, vendredi matin, parmi les sujets les plus discutés sur la populaire plateforme de microblogs Weibo. Des médias chinois diffusaient une copie d’écran du message WeChat original, des photos et une vidéo censées montrer l’incident, images dont l'AFP n’a pu vérifier l’authenticité.

Une clientèle cruciale pour Balenciaga

« Les chaussures de Balenciaga sont belles, mais un tel épisode ouvre les yeux. #Boycott de Balenciaga qui discrimine les Chinois », notait un internaute dans un microblog typique. « Qu’est-ce qui vous donne ce sens de supériorité ? Est-ce que les Chinois ne gagnent pas assez d’argent ? Vous pouvez dire au revoir au marché chinois », fulminait un autre. La clientèle chinoise, vaste et très dépensière, est cruciale pour l’industrie française du luxe, comme pour les grands magasins parisiens, très appréciés des touristes du géant asiatique.

Face à ces réactions incendiaires, Balenciaga, marque du groupe de luxe Kering, et le Printemps, ont présenté jeudi des excuses contrites, en mandarin et en anglais, sur leurs comptes officiels Weibo respectifs. « Balenciaga regrette l’incident qui a eu lieu (mercredi) dans un grand magasin parisien », « s’excuse sincèrement auprès des clients affectés, et réaffirme son engagement de respecter chaque client de façon égale », a indiqué la marque de luxe. « Nous regrettons profondément l’altercation (…), qui est en stricte contradiction avec l’expérience que nous nous engageons à proposer à nos clients », renchérissait le Printemps, offrant ses « excuses aux clients chinois impliqués » et promettant des « formations supplémentaires » pour ses employés.