Paris: Vers la construction d’un centre d’hébergement pour migrants dans le 16e?

SOCIETE Les élus communistes vont déposer un vœu au Conseil de Paris, qui débute ce lundi, en faveur de l’ouverture d’un hébergement temporaire dans le bois de Boulogne, à destination des personnes exilées…

Romain Lescurieux

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Le bois de Boulogne est l'un des espaces verts les plus vastes de l'ouest parisien.
Le bois de Boulogne est l'un des espaces verts les plus vastes de l'ouest parisien. — M.ASTAR/SIPA

La bulle humanitaire de la Chapelle (XVIIIe arrondissement) a récemment fermé ses portes pour laisser place aux travaux de la future université Condorcet. En 18 mois d’activité, ce site du nord de Paris a permis d’accueillir 60.000 personnes et d’en héberger plus de 25.000. Désormais, le pré-accueil s’effectue via cinq sites répartis en Ile-de-France, alors que la crise migratoire se poursuit, principalement au campement du Millénaire (XIXe arrondissement).

Dominique Versini, l’adjointe aux solidarités et à la lutte contre l’exclusion de la maire de Paris, Anne Hidalgo, a officiellement annoncé que la « bulle » se remontera, dès cet été, dans un autre arrondissement parisien. Le site reste à définir. En attendant le choix définitif pour le déménagement de la Bulle, les élus communistes ciblent, eux, un lieu pour construire un ou des centres d’hébergement temporaires « permettant d’accueillir dignement les personnes exilées ».

« Rééquilibrage Est-Ouest »

« Il faut que tout le monde participe à l’effort », affirme Jean-Noël Aqua, conseiller de Paris (PCF). Dans un vœu soumis au Conseil de Paris – qui débute ce lundi – les élus demandent à ce que « l’État mobilise les sites disponibles sur l’ensemble du territoire parisien, par exemple celui situé dans le bois de Boulogne ».

Selon la formation politique, « le XVIIIe arrondissement concentre déjà un grand nombre de centres et le PADA (Plateforme d’Accueil des Demandeurs d’Asile) a été transformé boulevard Ney » et « la solidarité soit être porté par tous les quartiers de Paris ». Et ce, dans une logique de « rééquilibrage Est-Ouest ».

« Une aire mobilisable immédiatement »

Le choix des communistes se porte donc précisément sur une aire d’accueil financée par la ville de Paris, dans le très chic XVIe arrondissement. Soit « une aire mobilisable immédiatement pour y faire de l’hébergement en modulaires car elle est viabilisée et dispose de points d’eau et d’électricité ». Ce vœu sera débattu dès la semaine prochaine au Conseil de Paris.

En 2016, un centre d’accueil pour SDF a ouvert ses portes en lisière du bois de Boulogne, après des mois de débats houleux. La structure – qui ne diffère pas de ceux existant déjà dans la capitale – avait été très mal accueillie par une partie des riverains de cet arrondissement cossu de Paris, guère enchantés par la perspective de voir s’installer un centre d’hébergement pour sans-abri dans leur quartier. Une réunion publique à l’université Dauphine  avait même tourné à la foire d’empoigne.