Plan Borloo pour les banlieues: «Il faut un plan humain», estime Philippe Rio, maire de Grigny

INTERVIEW Le plan Borloo pour la banlieue est remis ce jeudi à l'exécutif. Philippe Rio, maire de Grigny (Essonne) souhaite que les quartiers soient « un laboratoire éducatif, culturel, économique, écologique et sportif »...

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny
Philippe Rio, maire (PCF) de Grigny — Com.gr
  • Le président de la République a confié à l’automne une mission sur les quartiers prioritaires à Jean-Louis Borloo.
  • Le rapport de l’ancien ministre est remis ce jeudi à l’exécutif.
  • Dans un entretien à 20 Minutes, le maire de Grigny, plaide pour que les quartiers « soient un laboratoire éducatif, culturel, économique, écologique et sportif ».

Le « rapport Borloo » pour les quartiers est enfin remis ce matin à l'exécutif. Et les maires de banlieue qui refusent d’être oubliés au profit de la ruralité, ne lâchent pas la pression. Qualifié de « plan de la dernière chance » par Stéphane Gatignon, maire démissionnaire de Sevran, ce rapport « représente une opportunité sans précédent​ pour nos territoires », indiquent l’ensemble des maires mobilisés.

Alors que les Etats Généraux de la Politique de la Ville, Chapitre 5 « Agissons pour nos quartiers » – se tient ce jeudi, au gymnase Jean Jaurès (XIXe arrondissement), Philippe Rio, maire de Grigny (Essonne), qui a également pensé à démissionner de ses fonctions, répond aux questions de 20 Minutes.

Quel est l’objectif de ce cinquième chapitre des États Généraux de la politique de la ville ?

Nous avons entamé un tour de France depuis Grigny. Nous avons par la suite, parlé d’emplois et d’insertion, à Roubaix. A Mulhouse, nous avons évoqué la formation professionnelle et l’apprentissage. Le 14 février, nous étions à Sevran pour parler de sport. Donc là, l’idée est de faire un point d’étape parisien six mois après l’appel de Grigny. Et nous continuerons sur les routes. Nous serons notamment le 14 mai dans la banlieue du Mans pour parler de la culture. L’idée est de faire monter et dénicher des solutions de terrain qui fonctionnent. Nous voulons aller partout et donner la parole à celles et ceux qui ont des solutions pour se créer une base de données de bonnes pratiques.

Qu’attendez-vous du « plan banlieue » de Jean-Louis Borloo ?

Je préfère parler d’élan que de plan. Parce qu’un plan ça peut se mettre à la poubelle. On doit faire vivre l’état d’esprit dans lequel nous sommes. Nous voulons que nos quartiers soient un laboratoire éducatif, culturel, économique, écologique et sportif. Nous voulons être des « fab lab » où se fabrique la République.

Quelles mesures concrètes doivent être mises en œuvre, dans une commune comme la vôtre par exemple ?

Il faut rompre avec le décrochage et l’échec scolaire. Depuis septembre, l’Éducation nationale a mis en place un dispositif expérimental qui s’appelle le grand projet éducation Grigny 2020. Il faut continuer. Nous souhaitons avoir dans le cadre du futur plan Borloo des mesures sur la question de la formation professionnelle, de la lutte contre l’illettrisme et l’illectronisme. Et ce, de manière solide, robuste et efficace. Enfin, nous attendons des mesures innovantes, pratiques et concrètes pour la culture et le sport. En fait, il faut un plan humain.

Comprenez-vous ces maires qui ont eu envie de démissionner ou qui l’ont fait comme Stéphane Gatignon, maire de Sevran ?

Oui. Je comprends, la démission de Stéphane Gatignon et les motifs qui conduisent à cette décision. Nous sommes plusieurs maires à la partager. Nous nous sommes également interrogés à démissionner. Finalement, nous avons décidé pour des motifs différents de continuer.