L'aéroport d'Orly veut 40 % d'énergie renouvelable en 2011

Mickaël Bosredon - ©2008 20 minutes

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Se servir de ses ressources pour voler de ses propres ailes. Installé sur une importante nappe d'eau chaude, Orly veut être le premier aéroport d'Europe à chauffer ses bâtiments à la géothermie. Aéroports de Paris souhaite installer, d'ici à 2011, un dispositif d'exploitation pour chauffer une partie du site existant, ainsi que le futur centre immobilier de Coeur d'Orly. La nappe d'eau, de 74 °C, se situe à 1700 m de profondeur. Selon les premières études de faisabilité, il serait possible d'exploiter un débit de 250 m3/h. « Nous allons creuser deux puits, l'un pour extraire l'eau chaude, l'autre pour la réinjecter dans la nappe (voir infographie) », explique Patrice Hardel, directeur de l'aéroport. L'eau circulerait dans les bâtiments à une température « d'environ 40 °C » et permettrait de les chauffer de « 6-7 °C ». « Il faudra évidemment compléter avec une chaudière à gaz, ou bien avec le réseau de chaleur provenant de l'usine d'incinération d'ordures ménagères de Rungis, qui assure déjà 15 % des besoins de la plate-forme. La géothermie en fournira, elle, 25 %, ce qui veut dire que 40 % de l'énergie de l'aéroport sera non fossile », souligne Patrice Hardel. La géothermie pourrait permettre d'économiser 3 600 tonnes équivalent pétrole, et de 7 000 à 8000 tonnes d'émission de CO2.

Le coût de l'investissement sera de l'ordre de 11 millions d'euros. « Mais les frais de fonctionnement sont faibles. Au vu de l'augmentation du prix du pétrole, nous aurons un rapide retour sur investissement », estime le directeur de la plate-forme. L'eau issue de la géothermie étant très corrosive, un échangeur en titane sera installé pour y résister. Ceci afin d'éviter de rénover le système dans quelques années, un problème qui s'est posé sur les sites exploités dans les années 1970 et 1980.