Le chauffage géothermique refait surface

Mickaël Bosredon - ©2008 20 minutes

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Pas besoin d'avoir inventé l'eau chaude pour comprendre que l'Ile-de-France est assise sur un véritable trésor. Si elle n'a pas, ou peu de pétrole, la région parisienne dispose d'un des plus beaux gisements de géothermie de France. Dans le contexte actuel de flambée des prix des matières énergétiques traditionnelles (pétrole, gaz), les acteurs politiques et économiques s'intéressent à nouveau à ces réserves pour satisfaire les besoins thermiques des Franciliens.

Faisant suite à une étude de 2005 de l'Ademe et l'Arene pour relancer la géothermie, la région Ile-de-France va voter aujourd'hui des crédits de subvention pour lancer de nouveaux sites de production. Douze ont été identifiés, mais dans un premier temps seuls six seront exploités . « Un forage coûte en moyenne 4,5 millions d'euros, explique Michel Vampouille, vice-président (Verts) chargé de l'Environnement à la région Ile-de-France. Nous aiderons à hauteur de 20 % du coût, l'Ademe apportant elle aussi 20 %. Nous allons également mettre en place un fonds de garantie qui remboursera 90 % du coût, si le forage n'est pas fructueux. » Parmi ces six opérations, deux seront réalisées par la Compagnie parisienne de chauffage urbain au nord de la capitale, une par Aéroports de Paris qui devrait équiper une partie de l'aéroport d'Orly (lire ci-dessous), et une par un groupement Eurodisney-Pierre et Vacances dans son futur Village nature à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne), qui ouvrira en 2010. Deux autres opérations sont prévues à Grigny et Viry-Châtillon (Essonne) et Villejuif Nord (Val-de-Marne).

Ces nouveaux sites permettront de chauffer l'équivalent de 30 000 logements. A ce jour 150 000 « équivalents logements », répartis sur trente et un sites, sont raccordés à la géothermie, ce qui représente 10 % de l'énergie distribuée par les réseaux de chaleur en Ile-de-France et 50 % dans le Val-de-Marne, soit la première énergie renouvelable de la région. Quelque 350 000 tonnes d'émissions de CO2 et 100 000 tonnes équivalent pétrole sont ainsi économisées chaque année.

La première opération de géothermie avait été lancée en 1964 à Paris. Il s'agissait du chauffage et de la climatisation de la Maison de Radio France (16e). La géothermie a connu un bel essor dans les années 1970 et 1980, mais à partir de 1986 les difficultés techniques « inhérentes à la jeunesse de cette filière », selon le rapport qui sera présenté aujourd'hui au conseil régional, avaient contraint les opérateurs à la délaisser. « On la maîtrise mieux aujourd'hui », affirme Michel Vampouille, qui estime que « 80 % des Franciliens pourraient en bénéficier ».