Des étudiants bloquent l'université de Nanterre, les partiels reportés

EDUCATION Des étudiants de l’université de Nanterre protestent de nouveau contre la réforme de l’accès à la fac et empêchent la tenue de partiels…

Caroline Sénécal avec AFP

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Blocage de l'université de Nanterre, le 9 avril 2018. (Illustration)
Blocage de l'université de Nanterre, le 9 avril 2018. (Illustration) — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • La presque totalité de l’université de Nanterre était bloquée lundi matin.
  • Selon la ministre de l’Enseignement supérieur, quatre universités demeurent bloquées. Entre 10 et 12 sites font l’objet de perturbations.
  • Le blocage de la fac de Nanterre est prévu jusqu’à l’assemblée générale de mardi à 10 heures. La prolongation du mouvement y sera discutée.

Blocage universitaire prolongé, examens reportés. À l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine), les cours et les partiels ont été déprogrammés ce lundi. Les bâtiments ont été bloqués par une centaine d’étudiants qui protestent contre la réforme de l’accès à l’université. Des jeunes en colère, soutenus par des cheminots de Sud Rail. Les militants ont installé des barrières, des tables et des chaises devant les portes de l’établissement pour empêcher la tenue des partiels.

À Nanterre, université emblématique de la région parisienne d’où était partie la contestation en Mai 68, seuls la bibliothèque et le bâtiment des chercheurs restent ouverts. Vers 10 heures, environ 200 étudiants tentent de bloquer la présidence aux cris de « Balaudé, démission », du nom du président de l’établissement, Jean-François Balaudé.

« Macron, la chienlit c’est lui »

Dès 8 heures, la quasi-totalité des bâtiments se trouve bloquée, dont les portes du bâtiment F, devant lequel des dizaines d’étudiants venus passer leurs partiels patientaient. Des banderoles proclamant « La fac n’est pas une boîte de nuit, non à la sélection », ou « Macron, la chienlit c’est lui », étaient attachées à l’entrée du bâtiment, a constaté une journaliste de l’AFP. « Ce matin à Nanterre, on avait des examens qui se tenaient et une tentative de perturber ces examens avec des cheminots de SUD Rail. […] Si maintenant les cheminots décident que les étudiants ne passent par leurs examens, on peut se poser des questions sur une récupération politique de ce mouvement », a réagi sur LCP la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. Selon la ministre, quatre universités demeurent bloquées et entre 10 et 12 sites font l’objet de perturbations.

« Comment peut-on continuer à aller en cours, à faire nos partiels, alors que cette loi est en train d’être mise en place contre l’avis de la majorité des étudiants et du personnel, alors que des étudiants se font matraquer ? », a lancé Victor, militant à l’Unef et au NPA, à l’adresse des étudiants. « Notre objectif c’est d’obtenir le retrait de cette loi. […] C’est pour ça qu’on a voté deux mesures essentielles pour ne pas pénaliser les étudiants : annulation des partiels tant qu’il y a grève et la validation automatique des TD (travaux dirigés) », a-t-il expliqué, sous les applaudissements et les huées de certains étudiants rassemblés devant le bâtiment.

Le blocage avec occupation est prévu jusqu’à l’assemblée générale de mardi à 10 heures, qui décidera ou non de la prolongation du mouvement.