Ile-de-France: Le sentiment d'insécurité au plus bas depuis 2001

SECURITE Le sentiment d’insécurité touche 50,6 % des habitants de la région début 2017, contre 57,5 % en 2011…

Thibaut Chevillard

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47,8% des Franciliens ont déclaré en 2017 avoir été agressés ou volés au cours des trois dernières années (illustration)
47,8% des Franciliens ont déclaré en 2017 avoir été agressés ou volés au cours des trois dernières années (illustration) — Emma PROSDOCIMI/SIPA
  • Le sentiment d’insécurité en Ile-de-France atteint son plus bas niveau depuis 2001, selon une étude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme présenté ce jeudi.
  • La région entend désormais mettre l’accent sur les transports, présenté comme un « point noir » par son vice-président.

« C’est une très bonne chose ! » Vice-président (LR) de la région Ile-de-France, chargé de la sécurité, Frédéric Péchenard se réjouit des résultats de l’enquête « victimation et sentiment d’insécurité », réalisée par Kantar Public pour l' IAU (Institut d’aménagement et d’urbanisme), dévoilée ce jeudi. « Les principaux indicateurs ont tendance à diminuer, ce qui est bon signe puisque cela veut dire que les Franciliens se sentent plus en sécurité qu’avant », avance l’ancien patron de la police nationale.

Cette enquête, financée par la région, est réalisée auprès de 10.500 personnes âgées de 15 ans et plus tous les deux ans. Elle révèle notamment que le sentiment d’insécurité au domicile, dans le quartier ou dans les transports, touchait 50,6 % des Franciliens en 2017, contre 57,5 % en 2015. Son plus bas niveau depuis le début de sa mesure, en 2001. Par ailleurs, 47,8 % des habitants ont déclaré avoir été agressés ou volés au cours des trois dernières années. C’est quatre points de moins qu’en 2015.

Voici les principaux résultats pour 2017, comparés à ceux de 2015 :

  • Agressions sexuelles : 1,4 % (+ 0,4 %)
  • Agressions par des proches : 1,3 % (-0,1 %)
  • Autre agression : 6 % (-2,3 %)
  • Vols sans violence : 10,5 % (-0,4 %)
  • Cambriolages : 10 % (-1,6 %)
  • Vols de voitures : 5,9 % (-1,1 %)
  • Vols à la roulotte : 9,1 % (-4,3 %)
  • Vols de deux roues : 7,9 % (-0,3 %)

« Notre vrai point noir, ce sont les transports en commun », reconnaît Frédéric Péchenard. « Si les chiffres sont tendanciellement à la baisse, ils restent à mon avis assez élevés », estime l’ancien grand flic. Il souligne notamment que « les femmes ont un ressenti d’insécurité assez fort dans les transports en commun ». En 2017, 51,4 % des Franciliennes redoutaient d’être agressés ou vols dans les transports (-3,3 %), contre 23,3 % des hommes (-8,6 %).

  • Le RER est le transport le plus anxiogène, avec 31 % de la population qui redoute d’y être en insécurité (-2,2 %).
  • Le métro arrive en deuxième place avec 27,2 % des gens qui sont sujets à y avoir peur (-2,9 %).
  • Le train se classe en troisième position, la peur affectant 22,4 % des Franciliens interrogés (-5,6 %).
  • 15,3 % des personnes ressentent de la peur dans le bus (-3,6 %).
  • Le tramway est le mode de transport inspirant le plus confiance, avec 11,6 % des passagers redoutant d’être agressés ou volés (+5 %).

Pour remédier à cette situation, Frédéric Péchenard indique que la région compte équiper, d’ici 2021, l’ensemble des trains et des bus en caméras de surveillance. Un centre de coordination opérationnelle de sûreté, regroupant la Préfecture de Police et les référents sûreté de l’ensemble des opérateurs de transport, devrait aussi voir le jour prochainement. L’objectif est d’améliorer le traitement en temps réel des incidents, où qu’ils se passent. « Il pourrait être installé au 36, Quai des Orfèvres, que la police judiciaire a récemment quitté. »

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