Municipales 2020: «J’appelle à une alternance utile pour les Parisiennes et Parisiens», dit Pierre-Yves Bournazel

INTERVIEW A deux ans des élections municipales, le député de Paris, Pierre-Yves Bournazel (Les Constructifs) veut « fédérer autour d’un projet » sans étiquette politique , annonce-t-il à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Pierre-Yves Bournazel, député de Paris
Pierre-Yves Bournazel, député de Paris — A. GELEBART/20 MINUTES
  • Les élections municipales se dérouleront dans deux ans. Une échéance qui est déjà dans de nombreuses têtes à Paris.
  • Alors que la maire de Paris, Anne Hidalgo se recentre, que les macronistes s’organisent, Pierre-Yves Bournazel veut lui, construire un « projet politique inédit ».

Dans les starting-blocks de la course à l’Hôtel de Ville ? S’il ne se déclare pas encore officiellement candidat pour les élections municipales de 2020, Pierre-Yves Bournazel, prépare néanmoins son « projet politique inédit » pour la capitale. Dans son bureau en face de la mairie de Paris, ce député de Paris âgé de 40 ans, « macron-compatible » et ancien porte-parole d’Alain Juppé, détaille ce mercredi pour 20 Minutes, son plan d’attaque pour une « alternative crédible ».

À deux ans des élections municipales, comment analysez-vous la situation et le paysage politique à Paris ?

2017 a fait bouger les lignes et cette recomposition politique va se poursuivre. Les municipales de 2020 ne ressembleront pas aux scrutins que les Parisiens ont connus jusqu’à présent. Je crois donc indispensable d’en finir avec le gouvernement des partis à Paris. Désormais, il faut une « nouvelle donne », une offre politique inédite pour la capitale qui permette d’amener des solutions concrètes et innovantes, de 2020 à 2026. Et une nouvelle vision. Tout en gardant ce que Madame Hidalgo a pu faire de bien car il ne faut pas être sectaire.

Quel bilan dressez-vous du mandat de Madame Hidalgo ?

Tout bilan est partagé. Il y aura beaucoup de choses à changer. En particulier sur la vie quotidienne qui s’est profondément dégradée. Notamment les difficultés d’accès au logement, à la mobilité, mais aussi sur l’entretien de la voirie et la saleté des rues. Sur ce sujet, il faut une politique de prévention mais aussi de sanction. Je souhaite par exemple une vraie police municipale qui lutte contre les problèmes de tranquillité. Il faut un suivi des demandes des Parisiens, au plus près du terrain. Il faut trouver des solutions concrètes à leurs problèmes. Enfin, le prochain mandat devra être dans la co-production constante. On ne peut pas avoir la vérité sur tout, à tout moment, contre tout le monde. Il faudra savoir co-construire les décisions avec ses partenaires et avec les citoyens.

Aujourd’hui, vous ne vous retrouvez pas dans une formation politique ? Au moment des élections législatives, vous aviez enlevé de votre tract le logo LR, pour afficher une photo avec Édouard Philippe… Où en êtes-vous ?

Je suis un député du groupe les Constructifs, j’accompagne les bonnes réformes du gouvernement dans l’intérêt général, tout en gardant une liberté de ton et de parole. Je ne crois pas qu’on doive gérer une ville comme Paris, ville monde, avec un parti, un clan. On doit la gouverner avec une nouvelle méthode, une nouvelle vision, des nouveaux projets. Moi, je crois qu’il faudra rassembler le moment venu des femmes et des hommes venus de la gauche, de la droite, du centre et de la société civile pour offrir une alternative inédite aux Parisiennes et Parisiens. Il faut co-créer quelque chose de nouveau, sans remplacer mécaniquement un camp par un autre. Il faut remettre de la liberté dans l’intérêt de Paris. Car c’est Paris qui compte. J’appelle à une alternance utile pour les Parisiennes et Parisiens.

Êtes-vous candidat à la mairie de Paris ?

Je suis aujourd’hui candidat au débat, au dialogue et à l’inventivité et ce n’est déjà pas si mal. Je veux donner du sens à l’enjeu des élections municipales, comme citoyen et élu de Paris. Il faut construire un projet. Et ce projet doit se faire autour de l’amélioration de la vie quotidienne et d’une nouvelle vision permettant l’attractivité et le rayonnement de la capitale. En s’appuyant sur des acquis, en corrigeant tout ce qui ne fonctionne pas et surtout, en inventant de nouvelles réponses. Il faut puiser dans l’intelligence collective et dans la société civile. Il faudra poursuivre la co-construction de ce projet dans la prochaine mandature. On ne peut pas demander l’avis des Parisiens juste avec de maigres budgets participatifs.

Qu’est ce qu’il faut garder du mandat de Madame Hidalgo, selon vous ?

Sur certains sujets, je trouve que le discours est le bon mais la méthode est inadaptée. Cela ne produit donc pas de résultats. Or, une politique publique doit chercher à produire de l’efficacité. Je suis par exemple favorable à l’aménagement des voies sur berges et contre le retour de la voiture. Mais la méthode n’a pas été la bonne car Madame Hidalgo n’a pas travaillé avec ses partenaires. Pour faire reculer la pollution à Paris, on doit raisonner à la bonne échelle, sans dogmatisme. Dépassons les frontières du périphérique pour traiter au fond les sujets.

Cela fait partie des thématiques sur lesquelles vous souhaitez vous engager ?

L’urgence environnementale devra être une priorité, avec une nouvelle méthode pour de meilleurs résultats. On respire mal partout à Paris, dans la rue, dans le métro, sur son lieu de travail, à son domicile. Il faut aller plus vite et plus loin avec un plan d’ensemble. Ce qui demande de nouvelles idées, de nouvelles solutions.

Votre « projet politique » porte un nom ?

Il porte surtout une ambition. Nous sommes dans la phase où je mobilise des talents divers pour travailler sur cette vision nouvelle et additionner les forces.

Comment percevez-vous la potentielle candidature de Benjamin Griveaux, pour la République en Marche ? Et comment allez-vous placer face à cela ?

Comme il l’a dit justement lui-même, le temps n’est pas aux candidatures. Ce qui compte pour le moment c’est d’offrir une vision nouvelle, une offre politique inédite à Paris, dans l’organisation et le contenu, et qui permette de rassembler. Puis, on verra le moment venu.