Stationnement payant pour les deux-roues à Vincennes: «Ma situation budgétaire va devenir très compliquée»

REPORTAGE La mairie de Vincennes justifie cette mesure par le principe d’équité avec les propriétaires de voitures…

Caroline Sénécal

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Scooters et motos en stationnement à Vincennes.
Scooters et motos en stationnement à Vincennes. — Caroline Sénécal/20 Minutes
  • Depuis le 1er janvier 2018, chaque commune peut choisir de faire payer le stationnement aux deux-roues.
  • Les utilisateurs de motos ou de scooter doivent depuis ce mardi payer 1,50 euro les deux heures de stationnement à Vincennes.
  • Le refus de paiement expose les conducteurs à une amende d’une dizaine d’euros.

C’est une première en France. Pour stationner à Vincennes, les utilisateurs de deux-roues devront désormais payer 1,50 euro les deux heures. Une mesure, pas toujours bien accueillie par les conducteurs de scooters et de motos. Arrivé avenue du Château, Sébastien met pied à terre – une botte en cuir noir – et ôte son casque. Agacé, il considère cette nouvelle décision inadmissible. « Les parkings pour les voitures sont d’ores et déjà excessivement chers, objecte cet électricien de 32 ans. Si je dois payer pour ma moto également, ma situation budgétaire va devenir très compliquée. »

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La mairie de Vincennes justifie cette mesure par le principe d’équité des propriétaires de voitures. Vingt centimes les vingt minutes, dix euros les quatre heures… Le stationnement reste moins élevé pour les deux roues. Cependant, pour les habitués de la rue Lejemptel à Vincennes, cette somme est excessive. « J’ai acheté ma moto il y a quelques mois pour éviter les embouteillages, témoigne Catherine. Désormais, je vais travailler pour payer le parking ou les amendes. Entre le prix de l’essence et de l’assurance, je perdrais moins d’argent et moins de temps à rester chez moi. »

Près de son lieu de travail, Nathalie vient de trouver une place pour sa moto, après quelques tours de pâtés de maison. Elle retrouve souvent son véhicule dégradé dans la rue. La jeune femme considère que les places de stationnement proposées ne sont pas suffisamment surveillées, ni sécurisées. « Si ma moto était protégée, je serais prête à payer pour ce service, dévoile-t-elle. Il n’y a jamais assez d’emplacements disponibles. »

Une mesure anti-deux-roues ?

L’objectif de cette politique reste la lutte contre les incivilités de stationnement sur les trottoirs et la meilleure gestion de l’espace public. Depuis le 1er janvier 2018, chaque commune peut choisir de faire payer le stationnement aux deux-roues. Une initiative possible grâce au déploiement de nouveaux horodateurs. Désormais, plus besoin de justificatif de paiement : il suffit de rentrer le numéro de plaque d’immatriculation du véhicule. « Ce n’est pas une mesure anti-deux-roues, souligne Charlotte Libert-Albanel (UDI), maire de Vincennes, auprès de l’AFP. Les scooters et les motos sont de plus en plus nombreux. Il semble normal de les faire contribuer. » Près de 800 places ont été aménagées dans la ville.

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À Vincennes, quelques usagers d’un deux-roues comprennent et acceptent cette décision. « J’admets qu’il m’est déjà arrivé de gêner un autre véhicule avec mon scooter, explique Thomas. Cette tarification peut sans doute remédier aux dérives du parking de masse sur les trottoirs ou la voirie. Pour une parfaite intégrité, soit tout le monde paye, soit le stationnement devient gratuit pour tous. »

Ce mardi, la commune de Charenton-le-Pont, autre commune du Val-de-Marne située à 4 km de Vincennes, a également adopté cette solution. Le refus de paiement expose les conducteurs de deux-roues à une amende d’un montant d’une dizaine d’euros.