Nouvelle vie derrière la Grande Arche de la Défense

Sophie Caillat

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Il se passe quelque chose à l'ombre des tours de La Défense. Ce soir seront inaugurées les trois premières des vingt «Terrasses» de Nanterre (Hauts-de-Seine), un nouveau tracé renouant avec l'histoire. Aussi long que la distance reliant la Concorde à la porte Maillot (3,5 km) et large comme les Champs-Elysées (100 m), l'axe allant de l'Arche de La Défense à la Seine prolonge la perspective ouverte par Le Nôtre au XVIIe siècle, et rend sa dignité à des terrains que les infrastructures contemporaines avaient éventrés.

Par-dessus l'A 14 et les voies du RER, un nouveau morceau de ville est en train de s'inventer, huit ans après la création de l'Etablissement public d'aménagement Seine-Arche (Epasa). Début 2007, les 4 500 salariés du siège d'Axa ont quitté leur tour de La Défense pour ce coquet ensemble d'immeubles de huit étages. Ils auront désormais accès à des espaces publics de qualité, de larges pelouses, une piste cyclable, une promenade plantée, et 2x1 file pour les voitures. Le tout face aux immeubles de bureaux démodés, notamment la préfecture et le conseil général, construits juste après la création du département des Hauts-de-Seine, en 1964. «Certains de ces immeubles sont en cours de rénovation. A cette occasion, ils retournent leurs façades, et repositionnent leurs entrées vers les Terrasses», constate avec plaisir, Philippe Courtois, directeur de l'Epasa. Ce dernier prévoit des «livraisons tous les ans» pendant huit ans, pour ce qui est l'une des plus vastes opérations d'urbanisme de la région (320 ha).

D'autres bureaux, dont les futurs utilisateurs ne sont pas encore connus, borderont d'autres terrasses. Plus de mille logements sont programmés près de la Seine et du parc du Chemin de l'Ile, qui a été livré à l'été 2006. La mairie communiste de Nanterre a imposé un quota de 40% de logements sociaux et va installer des services publics dans ce nouveau quartier. Reste la question de l'animation de ces espaces publics, à laquelle le maire, Patrick Jarry, «travaille». Nanterre veut profiter de la présence étudiante dans le quartier de l'université, dont la gare doit être rénovée d'ici à 2013, pour créer un coeur de ville».

fusion

«Nous ne serons jamais ni l'arrière-cour de La Défense, ni son simple prolongement», assène Patrick Jarry, le maire (PCF) de Nanterre. La ville repart en lutte contre l'Etat et le conseil général des Hauts-de-Seine. Patrick Devedjian, président (UMP) du département, veut en effet fusionner les deux aménageurs, l'Etablissement public de La Défense (Epad) et l'EPA Seine-Arche, au nom de la «cohérence» et de l'«ambition» du quartier d'affaires.