Ile-de-France: La grève est «un formidable levier pour le développement du covoiturage»

TRANSPORT En vue des prochaines perturbations prévues le mardi 3 avril dans les transports en commun en Ile-de-France, le covoiturage constitue une bonne solution de repli pour les usagers…

Caroline Sénécal

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Illustration d'une aire de covoiturage.
Illustration d'une aire de covoiturage. — Gile Michel / SIPA
  • Lors de la grève des cheminots du jeudi 22 mars, le site et l’application Vianavigo ont connu une augmentation de 48 % des visites.
  • Karos, application de court-voiturage domicile-travail, a enregistré ce jeudi-là une hausse d’activité de 90 % sur sa plateforme par rapport à un jour normal d’activité.
  • Ile-de-France Mobilités maintient de la gratuité du covoiturage pour tous les Franciliens pendant les jours de grève en partenariat avec 8 plateformes de covoiturage.

Le jeudi 22 mars a été le premier jour de grève dans les transports en commun. Le trafic des trains et RER a été fortement perturbé sur certaines lignes. et appel à la mobilisation répond à la réforme ferroviaire pour soutenir les cheminots de la SNCF. Les cheminots appellent à une nouvelle mobilisation ce mardi.

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Afin de faciliter le transport des Franciliens, Ile-de-France Mobilités (IDFM) a choisi de financer la gratuité du covoiturage domicile-travail lors des jours de grève. L’autorité organisatrice des transports en région parisienne a subventionné huit start-up qui proposent ce service dans la région : Karos, Klaxit, IDVROOM, BlaBlaLines, Ouihop, Roulez Malin, Covoit’ici et Clem’. Et les usagers se sont reportés en partie vers ces plateformes. « Le jour de grève, nous avons enregistré quatre fois plus de réservations de trajets que la semaine précédente », remarque Julien Honnart, cofondateur et président de Klaxit.

Des résultats prometteurs

Selon Ile-de-France Mobilités, cette première journée reste très encourageante pour le covoiturage. Entre 2 et 4 fois plus de parcours ont été effectués. Un essor constaté également sur  le site et l’application Vianavigo : 48 % de visites supplémentaires par rapport à la semaine précédente. Le dispositif de gratuité sera reconduit pour chaque jour de grève prévu jusqu’au 28 juin prochain

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Karos, application de court voiturage domicile-travail, a également enregistré une importante hausse de 90 % d’activité sur sa plateforme le 22 mars, par rapport à un jour normal d’activité. « Et les 26 et 27 mars, nous avons conservé plus de la moitié de cette hausse d’utilisateurs », se réjouit Olivier Binet, cofondateur de Karos. Certains clients avaient un trajet compliqué en transport collectif. Lors de ce premier jour de grève, ils ont découvert que le covoiturage leur offrait une autre marge de manœuvre, «avec en moyenne une vingtaine de conducteurs différents proposée sur un itinéraire, selon le dirigeant de Karos. Ces épisodes de grève nous permettent de gagner des utilisateurs réguliers. Il s’agit d’un formidable levier pour le développement du court voiturage. »

Maximiser ses chances de trouver un véhicule

Chez Karos, un calculateur planifie et organise le covoiturage pour les usagers. Il prépare au préalable l’ensemble des trajets. Le président de Klaxit conseille de contacter plusieurs conducteurs pour maximiser les chances de confirmation d’un trajet.

Le maître mot pour garantir son covoiturage ? L’anticipation. « Il ne s’agit pas de débarquer dans le véhicule à n’importe quel moment comme avec les VTC, remarque Olivier Binet. Afin de prévenir le conducteur, un tiers des trajets sont réservés la veille au soir, les deux tiers le jour même. » Les plateformes de covoiturage ne fonctionnent pas grâce à des conducteurs professionnels, ni grâce à des chauffeurs qui viennent chercher des clients lorsqu’ils le demandent. Il s’agit de particuliers qui se rendent sur leur lieu de travail : ils doivent s’organiser au mieux.

Simplifier le covoiturage

Le partage de véhicules ne constitue pas un phénomène nouveau. Cependant, il n’est pas évident de trouver un conducteur autour de soi. Se mettre en accord avec un collègue de travail uniquement pour le jour de grève reste différent de la proposition des start-up. Les applications facilitent la mise en relation entre les individus et la socialisation.

Pourquoi les Franciliens utilisent-ils ce dispositif même après le retour à la normale du trafic des transports en commun et la fin de la gratuité de cette offre ? L’aspect économique et le temps de la traversée ne sont pas à négliger. « Chaque utilisateur gagne en moyenne 24 minutes de trajet par rapport aux transports en communs classiques », avance Olivier Binet. En tant que passager ou en tant que conducteur, celui qui utilisait la voiture en solo économise plus de 80 euros par mois.