Vers une gratuité du Vélib’? «Ne nous interdisons rien», estime-t-on à la région Ile-de-France

TRANSPORTS Une semaine après l’annonce de la mairie de Paris au sujet d’une « une étude sur la gratuité des transports en commun », la région Ile-de-France demande, elle, « une réflexion sur la gratuité du Vélib’ »…

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Suite au retard de déploiement du Vélib' 2 à Paris, le mois de mars sera remboursé aux abonnés. (Illustration)
Suite au retard de déploiement du Vélib' 2 à Paris, le mois de mars sera remboursé aux abonnés. (Illustration) — M.ASTAR/SIPA
  • Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région, demande en effet ce lundi une réflexion sur une éventuelle gratuité de ces vélos.
  • « Tout a un coût mais tout peut s’imaginer. C’est l’objet même d’une étude », explique-t-il. 

Au tour de la région Ile-de-France d’émettre l’idée d’un service francilien pouvant devenir « gratuit » : le Vélib’. Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région, demande en effet ce lundi une réflexion sur une éventuelle gratuité de ces vélos, révèle CNews. L’élu détaille auprès de 20 Minutes, sa proposition.

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Que demandez-vous concrètement aujourd’hui pour le Vélib’ ?

Nous demandons à la ville de Paris et au Syndicat Vélib’ Métropole d’étudier les modalités potentielles d’une gratuité du Vélib’, toujours dans une logique d’essayer d’inciter les gens à prendre le moins possible leur véhicule. Et donc d’agir contre la pollution de l’air et les bouchons. Nous considérons qu’il n’y a aucun sujet tabou, que tous les sujets doivent être étudiés. Ne nous interdisons rien. Lançons cette réflexion et réfléchissions aux conditions et au cadre. Mais cette gratuité peut-être plus facile à mettre en place avec le Vélib’ qu’avec le RER.

Justement, votre proposition est-elle une réponse directe à la récente demande d’Anne Hidalgo de lancer une étude sur une gratuité des transports en commun ?

Si on réfléchit à l’un, on doit réfléchir à l’autre. Mais nous ne sommes pas du tout sur les mêmes sommes. Le coût global des transports en Ile-de-France c’est 10 milliards, dont 3,6 milliards supportés par les collectivités et 400 millions par la ville de Paris. Nous ne sommes pas non plus sur les mêmes problématiques de respect et de vandalisme. Entre prendre un Vélib' en laissant une caution ou une empreinte et entrer dans un train sans laisser de caution, c’est différent. D’ailleurs, c’est la problématique de la gratuité. Ce qui est gratuit n’a pas plus de valeur et n’est donc plus respecté et peut être vandalisé. Mais un groupe de travail va être constitué pour réfléchir à cette gratuité des transports, toujours avec ces deux lignes rouges à ne pas franchir : Pas de reports de coûts sur les collectivités et pas de différence de traitement entre les Parisiens et les Franciliens.

Comment imaginez-vous le montage financier de votre demande ?

Tout a un coût mais tout peut s’imaginer. C’est l’objet même d’une étude. Nous, avec Ile-de-France Mobilités, nous allons mettre en place une réflexion sur les transports en commun gratuits, à la demande de la mairie de Paris, je souhaite donc que cette dernière mette en place une étude et une réflexion sur la gratuité des Vélib’ pour les utilisateurs.

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Entre les vélos en libre-service et le fiasco du Vélib' 2, cette mesure est-elle aussi un moyen de faire revenir les usagers vers ce service ?

Très clairement. J’entends beaucoup de Parisiens se plaindre comme quoi le Vélib' ne fonctionne plus. Alors que c’est quelque chose que Bertrand Delanoë avait développé de manière remarquable. C’était devenu emblématique de la capitale. Aujourd’hui, ça rame. Il va falloir recréer de la confiance et des habitudes. Pourquoi pas avec une mesure de gratuité.

Quand pourrait-on imaginer prendre « gratuitement » un Vélib’?

Nous ne sommes pas dans une logique du jour au lendemain. Il y a une piste à creuser, allons-y.