Propreté à Paris: «Plusieurs endroits de la ville sont entièrement délaissés», quand des associations nettoient la capitale

PROPRETE Alors que la ville de Paris lance une campagne de propreté à partir de mardi, différentes associations ont réalisé des collectes de déchets ce week-end pour nettoyer la capitale…

Caroline Sénécal

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Des poubelles sur le trottoir à Paris. (Illustration)
Des poubelles sur le trottoir à Paris. (Illustration) — WITT/SIPA
  • Samedi et dimanche, les bénévoles de plusieurs associations ont rempli plus de 100 sacs d’ordures porte de la Chapelle et 30.000 déchets ont été ramassés en quelques heures près du bassin de la Villette.
  • L’application « Dans ma rue » a été repensée pour que chaque Parisien puisse signaler les détritus abandonnés.
  • Une campagne de propreté de la ville de Paris vise à remercier les habitants qui jettent leurs déchets dans les 30.000 poubelles de la capitale.

Paris se noie sous les flots de déchets. Bouteilles, encombrants, rats, mégots, sacs plastiques… Des associations et des particuliers se mobilisent pour rétablir la propreté et remettre en ordre la capitale. Avec pour seules armes des sacs-poubelle et des gants, les bénévoles mènent différentes actions.

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Vingt-trois mille mégots, 4.150 capsules de bière, 430 gobelets en plastique, dimanche, l’ONG Surfrider Foundation Europe organisait sa cinquième collecte de déchets près du bassin de la Villette (XIXe arrondissement). En l’espace d’une heure et demie, les bénévoles ont ramassé également un four à micro-ondes, une trottinette, un casque de moto, une bonbonne de gaz, des chaussures, du polystyrène, des médicaments ou encore des seringues.

Le samedi, c’est l’association Le Chemin du bonheur qui a réuni de nombreux citoyens pour nettoyer des rues de Paris et ce depuis près de sept ans. L’objectif ? Construire un environnement plus propre pour éviter la propagation de maladies, par les rats par exemple.

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« Paris croule sous de véritables tonnes de déchets, précise Stéphane Maleuvre, président de la structure. Il y a trois semaines, nous avons repéré la quantité de détritus à ramasser porte de la Chapelle. » Depuis, les bénévoles retournent chaque semaine sur le secteur pour le nettoyer. Samedi, ils ont rempli plus de 100 sacs de 130 litres d’ordures, en seulement quelques heures. « Nous menons des actions de fonds bénéfiques sur le long terme, se réjouit Stéphane Maleuvre. Lorsque les bénévoles purifient un endroit, ce lieu ne retrouve généralement pas l’état de saleté qu’il a connu. »

Sur la place de Clichy, au bord du canal Saint-Martin, à Stalingrad… Pour chaque collecte, une quinzaine de bénévoles choisit un lieu dégradé par l’accumulation de déchets ou des lieux fortement fréquentés au sein desquels les poubelles sont oubliées. «À Paris, de nombreux sans domicile fixe et de nombreux migrants vivent au cœur d’endroits inadaptés. Leur préoccupation essentielle n’est pas la propreté mais la survie, explique le président de l’association. Beaucoup d’objets s’entassent, ils ne s’aperçoivent pas qu’ils peuvent changer la situation. Mais ils sont très volontaires et n’hésitent pas à nous donner un coup de main. »

Des efforts insuffisants

Cette année, la ville de Paris doit consacrer 550 millions d'euros à la propreté en 2018. Elle développe notamment de nouveaux dispositifs comme les 170 nouvelles laveuses et aspiratrices de trottoir qui doivent être mises en service d’ici juin.  L’application « Dans ma rue » a également été repensée pour que chacun puisse signaler les déchets abandonnés. Elle forme la sensibilisation de chacun et permet d’alerter les débordements.

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« La ville de Paris est toujours aussi malpropre, nuance Florence Berthout, maire du Ve arrondissement, présidente de la Mission d’information et d’évaluation sur la propreté. « Contrairement à ce que la “mairesse” affirme, nous assistons à une réduction des effectifs depuis 2001. » La présidente du groupe LR au Conseil de Paris dénonce le manque de coordination entre les personnes chargées du balayage, du ramassage des sacs-poubelle de rue, ou encore du ramassage des détritus des particuliers sur l’espace public.

Pour Stéphane Maleuvre, si certaines solutions voient le jour, les réponses de la municipalité restent encore insuffisantes. « Plusieurs endroits de la capitale sont entièrement délaissés par les élus », s’exaspère le président de l’association Le Chemin du bonheur. Il souhaite par exemple que la mairie de Paris installe des bennes à ordures pour faciliter le dispositif de collecte des déchets.

Une campagne pour la propreté à Paris

La capitale évolue et change sa méthode de sensibilisation à la pollution : ne plus sanctionner, mais féliciter. À partir de mardi et pendant une semaine, une campagne de propreté s’affichera sur les écrans municipaux, ainsi que sur les 520 bennes à ordures, dans les jardins et sur les quais du métro parisien.

L’objectif reste de remercier les habitants qui jettent leurs déchets dans les 30.000 poubelles de Paris, en faveur d’une ville plus propre. Cependant, les dépôts sauvages, l’incivisme, les déchets abandonnés, ou encore les encombrants sévissent toujours dans la capitale.