VIDEO. Paris: La «maison close» des poupées sexuelles échappe à la fermeture

SOCIETE Le conseil de Paris a rejeté la requête déposée par plusieurs élus LR, communistes et Insoumis...

20 Minutes avec AFP

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Kim, poupée du premier «espace de jeu» de l'établissement Xdolls.
Kim, poupée du premier «espace de jeu» de l'établissement Xdolls. — R.LESCURIEUX

« Je suis d’accord avec mon collègue communiste Hervé Bégué. » Ce n’est pas tous les jours que la présidente du groupe LR du Conseil de Paris, Florence Berthout, prononce ces mots. La demande de fermeture de l’établissement Xdolls, qui propose des poupées sexuelles en silicone, a créé des alliances inhabituelles entre élus LR, communistes et Insoumis, jeudi. Mais leur requête a été rejetée.

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« Je ne crois pas qu’on s’honore en donnant libre accès à des poupées gonflables qui sont des objets de représentation du corps féminin », a ajouté Florence Berthout qui s’est exprimée à « titre personnel » mais a été suivie par de très nombreux élus de son groupe.

Au nom de la « lutte contre le sexisme et les violences faites aux femmes », le groupe PCF a demandé à la Ville « d’étudier les procédures juridiques » en vue d’une fermeture de Xdolls, « première du genre sur le territoire français ». L’établissement discret, niché dans un appartement, « détourne la loi en proposant aux clients dans un lieu clos des prostituées en silicone », selon le groupe, dans des ambiances sonores « qui peuvent évoquer le viol ». Pour La France insoumise, Danielle Simonnet a rappelé que « le corps de la femme n’était pas une marchandise ».

« Pas du proxénétisme », selon la préfecture

L’UDI-MoDem Eric Azière au contraire a estimé que ce n’était pas en « cassant la lanterne rouge d’un sex-shop de nouvelle génération que vous allez faire progresser la lutte contre la prostitution ».

Le représentant de la préfecture de police, toujours présent en Conseil de Paris, a précisé « ne disposer d’aucun moyen de s’opposer en droit à l’ouverture et au fonctionnement de cette salle » mais reste « vigilant » sur tout éventuel trouble à l’ordre public. Pour la préfecture, « l’activité proposée ne répond pas à la qualification de proxénétisme ».

L’exécutif a pour sa part estimé que ce n’était pas un « sujet municipal », en appelant au rejet de la requête, effectivement rejetée. Le groupe PCF a « regretté » le vote refusant la fermeture « de cette dernière invention pour remettre dans le paysage les maisons closes », qui « pousse jusqu’au bout la logique de la femme objet. Elle l’est tellement qu’elle peut être remplacée par une humanoïde ».