Après le froid polaire, aurons-nous des fruits et des légumes à Paris et en Ile-de-France?

GRAND FROID Les récoltes de fruits, de fleurs et de légumes risquent d’être moins abondantes ce printemps en Ile-de-France…

Caroline Sénécal

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Des jonquilles dans la neige - Illustration
Des jonquilles dans la neige - Illustration — Oliver Dixon/Shuttersto/SIPA
  • Les intempéries – pluie, neige, froid – des dernières semaines ont fortement retardé la production.
  • La pluie a provoqué des dégâts dans les champs de blé et de betteraves.
  • Les températures vont remonter doucement et progressivement à partir de cette semaine.

On est au printemps depuis mardi et pourtant la neige et le froid refusent de se coucher. Des températures très en dessous des normales de saison se maintiennent en Ile-de-France depuis la semaine dernière et qui ne sont pas sans conséquences.

Les maraîchers de la région redoutent du retard pour les récoltes de fruits et de légumes. Les prix augmenteront-ils pour compenser la baisse de production ? Et dans les parcs parisiens, y aura-t-il des fleurs ?

Un retard contrasté chez les producteurs

En Seine-et-Marne, à Faremoutiers, Jean Coibion, agriculteur de légumes de plein champs, n’a pu que constater les effets du froid. « Certains de nos choux ont gelé. Les intempéries ont fortement retardé notre production. » Face aux pertes abondantes, le producteur a augmenté le tarif de certains produits, après négociation avec ses clients. « La pluie a rendu mes terres inaccessibles. À cette période de l’année, les premières carottes, les pommes de terre et les oignons devraient d’ores et déjà être plantés. »

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Tous les professionnels du secteur ne sont pas touchés de la même manière. À Jouarre (Seine-et-Marne), à une vingtaine de kilomètres, les propriétaires de la cueillette de Nolongues ​n’ont pas constaté d’impact des chutes de la température sur leurs cultures. « Nos fruits et légumes n’étant pas encore en fleurs, la cueillette n’a pas commencé, souligne Christophe Charpentier. Grâce à ce retard, le gel n’a pas dévasté notre production. » La pluie a pourtant provoqué quelques dégâts dans les champs de blé et de betteraves, avec la formation de lacs au cœur des cultures de l’agriculteur.

Vers des parcs sans fleurs ?

En ville, le froid a aussi une incidence sur la nature. Au sein de la résidence de la Grange-aux-Belles, dans le Xe arrondissement de Paris, le Jardin des Poètes s’inscrit comme un espace vert partagé. Les habitants du quartier y cultivent plantes, légumes, et fruits. « Grâce à nos bacs sacs et nos bacs en bois surélevés, le froid n’a eu aucun impact sur nos plantations », assure la responsable. Trois ou quatre bénévoles entretiennent chaque jour avec soin les légumes et les fleurs.

L'atmosphère polaire entraîne néanmoins avec elle un manque de luminosité. Une conséquence destructrice pour la pousse de la végétation. Bernard Dubois, horticulteur et créateur des Serres Dubois, à Rosny-sur-Seine (Yvelines), est inquiet. « J’assiste au ralentissement de la floraison et à la baisse des commandes de fleurs. » Il cultive une quarantaine de variétés de tomates, une grande diversité de fleurs ou encore des plantes à massifs. « Lorsqu’il ne fait pas beau, les potentiels acheteurs ne consomment plus. Tout comme les plantes, ils n’ont pas le moral. » Bernard Dubois n’envisage pas la revalorisation de ses prix pour autant.

À quand la fin du froid ?

Pour protéger les terres du gel, la serre peut constituer une solution. Jean Coibion, notre agriculteur de Faremoutiers, préfère cependant recourir aux voiles de protection en maraîchage. Une façon de conserver le goût de ses fruits et de ses légumes de saison.

Mais à quand le retour de la douceur printanière ? Météo France l’affirme : les températures vont remonter doucement et progressivement à partir de cette fin de semaine. On sentira moins le froid et moins l’humidité, même si l’Ile-de-France restera en dessous des normales de saison. Toutefois, des perturbations risquent encore d’entacher le ciel parisien et d’arroser les terres d’Ile-de-France.