Paris: Vers la gratuité des transports en commun? Des élus entre ouverture et scepticisme

TRANSPORTS Anne Hidalgo a annoncé ce lundi qu’elle allait lancer « une étude sur la gratuité des transports en commun » pour les Parisiens…

R.L.
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Paris le 11 novembre 2013. Illustration metro aerien de Paris station Quai de la gare.
Paris le 11 novembre 2013. Illustration metro aerien de Paris station Quai de la gare. — A. Gelebart / 20 Minutes

La maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé ce lundi qu’elle allait lancer « une étude sur la gratuité des transports en commun » pour les Parisiens.

>> Lire aussi. «Gratuité des transports en commun»: Anne Hidalgo lance une étude pour évaluer cette possibilité à Paris

« J’ai décidé de charger trois de mes adjoints de conduire une vaste étude sur le sujet, qui associera des experts français et étrangers », a annoncé dans un communiqué la maire de Paris. Elle avait auparavant affirmé dans un entretien aux Echos que la « question de la gratuité des transports est une des clefs de la mobilité urbaine dans laquelle la place de la voiture polluante n’est plus centrale ».

« Cette étude est bienvenue »

« Cette étude est bienvenue et elle est soutenue par les écologistes. De nombreuses autres villes étudient la possibilité de rendre leurs transports gratuits. La baisse de l’utilisation de la voiture en ville nous oblige à envisager diverses solutions et la gratuité des transports en est une », souligne auprès du Figaro, Antoinette Guhl, adjointe chargée des questions relatives à l’économie sociale et solidaire, à l’innovation sociale et à l’économie circulaire. Cette réflexion est également saluée par les communistes. « C’est une bonne idée ! D’ailleurs les communistes l’ont déjà mise en œuvre dans certaines régions », note Nicolas Bonnet Oulaldj du groupe communiste – Front de gauche au Conseil de Paris.

Anne Hidalgo envisage le lancement de cette étude « dans les semaines qui viennent d’ici à l’été » et fixe l’échéance de cette réflexion d’ici aux prochaines élections municipales de 2020.

« Je suis ouverte à toutes les idées neuves » (sous conditions)

Interrogée ce mardi sur Radio Classique, la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, ne s’est pas opposée à une réflexion sur le sujet. « Je suis ouverte à toutes les idées neuves, d’où qu’elles viennent », a-t-elle indiqué. Également présidente d’Ile-de-France Mobilités (ex STIF), elle a toutefois posé des conditions.

« D’abord il ne doit pas y avoir 1 euro en moins de recettes pour IDF Mobilités. Aujourd’hui la priorité des priorités, c’est la modernisation des transports. Or, la vente des tickets ça rapporte 3 millions d’euros chaque année à IDF Mobilités et si ce n’est pas les voyageurs qui payent, ce sera les contribuables d’une manière ou d’une autre », a avisé Valérie Pécresse, qui souhaite aussi que toute la région soit concernée en cas de gratuité pour éviter une « inégalité entre les Parisiens et les habitants de la banlieue ».

D’autres élus se sont en revanche montrés davantage opposés à l’idée d’une gratuité des transports qui fonctionnent dans quelques villes françaises (Niort, Compiègne, Aubagne) et à l’étranger, à Tallinn en Estonie.

« A la fin, il y a toujours quelqu’un qui paie »

Pour le groupe Les Républicains et Indépendants, il s'agit d'« irresponsabilité » et de « démagogie ».« Que la campagne des municipales 2020 commence ! », a immédiatement réagi le groupe PPCI (pro-Macron ex-LR) du Conseil de Paris. « Pour ceux qui en douteraient, Anne Hidalgo est bien candidate avec une seule promesse : je rase gratis ! », a déclaré son président Alexandre Vesperini en se demandant « qui va payer la facture ? ».

« La gratuité [des transports en commun] à la fin, il y a toujours quelqu’un qui paie », a affirmé ce mardi sur France Inter, Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement et dont le nom circule pour une éventuelle candidature aux élections municipales parisiennes. « Je ne connais pas de service qui soit entièrement gratuit » a-t-il ajouté.