«Gratuité des transports en commun»: Anne Hidalgo lance une étude pour évaluer cette possibilité à Paris

MOBILITE Anne Hidalgo cherche des solutions pour réduire encore l'impact de la voiture sur l'air de la capitale...

L.Gam. avec AFP

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(Photo d'illustration) Anne Hidalgo, le 10 mars 2018.
(Photo d'illustration) Anne Hidalgo, le 10 mars 2018. — SIPA

Un passe Navigo à zéro euro ? La maire de la capitale, Anne Hidalgo, ne l’exclut pas. L’édile socialiste de Paris a annoncé ce lundi qu’elle allait lancer « une étude sur la gratuité des transports en commun » pour les Parisiens. Elle avait auparavant affirmé dans un entretien aux Echos que la « question de la gratuité des transports est une des clefs de la mobilité urbaine dans laquelle la place de la voiture polluante n’est plus centrale ».

« J’ai décidé de charger trois de mes adjoints de conduire une vaste étude sur le sujet, qui associera des experts français et étrangers », a annoncé dans un communiqué la maire de Paris. La question mérite « d’être posée, sans a priori et sans dogmatisme », selon la maire.

Existe-il un « modèle économique viable » ?

Dans cette étude, « il s’agira d’analyser les exemples en France et à l’international », poursuit Anne Hidalgo dans le communiqué, « il faudra en particulier évaluer s’il existe un modèle économique viable : rien ne dit aujourd’hui que cela est possible », a ajouté la maire pour qui « la gratuité pour l’usager implique forcément d’identifier d’autres sources de financement ».

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Cette annonce intervient alors que le Conseil de Paris doit voter cette semaine la gratuité du passe Navigo dans l’année pour les Parisiens de plus de 65 ans, sous conditions de ressources (jusqu’à 2.200 euros de revenus pour une personne seule). Mme Hidalgo avait annoncé en janvier que quelque 200.000 personnes pouvaient être en mesure de bénéficier de cette gratuité. La mesure coûtera 12 millions d’euros à la Ville de Paris, qui versera cet argent à IDF-Mobilités (ex-syndicat des transports d’Ile-de-France), en charge de la délivrance des passes de transport.

Un Tallinn bis ?

Le gouvernement allemand a proposé en février la gratuité des transports en commun afin de réduire la pollution dans les villes, à l’origine formulée en réponse à une menace de poursuites de l’UE sur la question du diesel, avant de préciser peu après qu’il n’y avait pas de projet concret ou de ville volontaire pour tester la mesure. Les tentatives ponctuelles d’instaurer la gratuité des transports en commun, régulièrement sujet à réflexion, se sont avérées jusqu’ici plutôt infructueuses. Aux Etats-Unis, la grande métropole de Seattle a ainsi abandonné une telle mesure.

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Selon la mairie de Paris qui cite Tallinn en Estonie où la gratuité est en place depuis 2013, « aucune agglomération de la taille de Paris n’a toutefois mis en place à ce jour un tel dispositif ».