VIDEO. Paris: Des élus demandent la fermeture de la «maison close» des poupées sexuelles

SOCIETE Ouvert depuis le 1er février, Xdolls, le premier établissement français de location de poupées sexuelles, située dans le XIVe arrondissement, est dans le viseur du groupe communiste - Front de gauche au Conseil de Paris…

Romain Lescurieux

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Kim, poupée du premier «espace de jeu»
Kim, poupée du premier «espace de jeu» — R.LESCURIEUX

« Je ne sais pas à quoi m’attendre, mais il est fort probable qu’on soit embêtés : peut-être une descente de police pour contrôler, un tollé de la mairie et d’associations… C’est le jeu », expliquait mi-février à 20 Minutes, Joaquim Lousquy, fondateur et gérant d’un lieu actuellement unique en France : une « maison close » de poupées sexuelles, située dans le XIVe arrondissement, répondant au nom de Xdolls.

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Un mois et demi après son ouverture, cet établissement de 70 m2 à l’adresse tenue secrète est dans le viseur du groupe communiste – Front de gauche au Conseil de Paris. Lors de la séance qui s'ouvre mardi, les élus déposeront en effet un vœu pour demander la fermeture de cet établissement et plus globalement l’interdiction des « maisons closes nouvelle génération ».

« Un lieu de prostitution »

« Nous allons interpeller la maire de Paris pour étudier les procédures juridiques qui ont permis l’ouverture de cet établissement présenté comme une salle de jeu. Et que la ville envisage une procédure adéquate afin d’aller vers la fermeture de ces maisons closes et que le législateur soit interrogé quant à la possibilité d’interdire ces établissements », détaille Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe, qui demande une « clarification » de cette activité.

« Ladite entreprise ne peut se considérer comme une " salle de jeu " mais bien un lieu de prostitution et donc le propriétaire pourrait être assimilé à un proxénète », mentionnent les communistes. Dans ce vœu – consulté par 20 Minutes - ces élus déplorent le « détournement » de la loi « Marthe Richard » - qui a aboli les maisons closes en France - en proposant « aux clients dans un lieu clos des prostitués en silicone ».

Enfin, les élus pointent du doigt des modèles de poupées « à la taille et au poids pouvant faire penser à des enfants », et regrettent au sein de ce type d’établissement la « dégradation de l’image de la femme ». « Nous assistons à une banalisation de la marchandisation du corps de la femme puisque l’on passe subrepticement de la femme objet à l’objet tout court », ajoutent-ils.

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« On parle d’un squelette de métal »

Le fondateur, lui, s’en défend. « Nous faisons de la location de jouets. Ni plus, ni moins. On parle d’un squelette de métal, avec du silicone par-dessus », tranchait déjà Joaquim Lousquy en février. Ce jeudi, il poursuit dans cette même ligne de défense. « Nous proposons quelque chose de carré, propre et légal », affirme-t-il. « Si on doit se plier, on se pliera mais nous n’allons pas nous laisser faire. Et j’invite ces élus à venir ici pour voir la clarté du lieu », conclut-il.

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Du côté de la mairie de Paris, on considère qu’il n’y a pas de sujet. « Nous nous serions bien passés de ce vœu qui est loin de l’activité municipale », balaie Bruno Julliard, premier adjoint d’Anne Hidalgo. « On ne demande pas à la maire de Paris de se positionner pour ou contre la fermeture, mais qu’elle veille sur la situation juridique de quelque chose qui est présenté comme un jeu et qui nous inquiète », assure de son côté Nicolas Bonnet Oulaldj.