Piétonnisation des voies sur berge: Quel avenir pour ce tronçon après l'annulation du tribunal?

SOCIETE Anne Hidalgo a annoncé vouloir faire appel après la décision du tribunal administratif d’annuler la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite. En attendant, les piétons restent prioritaires sur le tronçon. Pour combien de temps ?….  

Romain Lescurieux
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La voie sur berge rive droite fermee a la circulation apres la fin de Paris plage.
La voie sur berge rive droite fermee a la circulation apres la fin de Paris plage. — SIPA
  • Le tribunal administratif a annulé, mercredi, la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite.
  • Dans la foulée, la maire de Paris Anne Hidalgo a annoncé que la ville allait fait appel.
  • En attendant, qui peut emprunter cet axe? 

Le bras de fer est enclenché. Mercredi, le tribunal administratif a annoncé l’annulation de la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite. Une décision prise sur le « fondement d’une procédure irrégulière ». Le tribunal administratif de Paris – saisi par des collectivités locales, des associations et des riverains – a en effet annulé la délibération du 26 septembre 2016 du Conseil de Paris qui déclarait l’intérêt général de l’opération d’aménagement des berges de la rive droite de la Seine, transformées en « parc des Rives de Seine ».

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« Des inexactitudes, des omissions et des insuffisances »

Selon le jugement, cette délibération a été adoptée « après une enquête publique réalisée sur le fondement d’une étude d’impact du projet » qui « comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores, éléments majeurs d’appréciation de l’intérêt général du projet ». Un revers pour la mairie de Paris, alors obligée de débarrasser ses infrastructures et de rouvrir l’axe.

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Mais dans la foulée, Anne Hidalgo annoncé que la Ville allait faire appel de la décision et a pris un nouvel arrêté pour maintenir la fermeture des voies sur berge à la circulation. Alors, quel avenir pour ce tronçon de 3,3 kilomètres du quai bas le long de la Seine, de l’entrée du tunnel des Tuileries (Ier arrondissement) à la sortie du tunnel Henri-IV (IVe), actuellement sous les eaux ?

« Il n’y aura pas de retour des voitures »

Selon Christophe Najdovski, adjoint écologiste aux Transports, « il n’y aura pas de retour des voitures sur les berges de Seine rive droite, ni dans les prochains jours, ni dans les prochaines semaines, ni dans les prochains mois ». Dans la soirée, la préfecture de police de Paris a toutefois conclu que « l’aménagement tel qu’il avait été projeté ne peut se poursuivre ». Mais l’exécutif parisien a annoncé qu’il allait présenter devant la cour administrative d’appel une requête pour un sursis à exécution du jugement. Les piétons restent donc, pour le moment, prioritaires, sur le tronçon

« L’ouverture des Rives de Seine aux piétons et aux cyclistes a été décidée démocratiquement par les élus parisiens en septembre 2016, avec le soutien de l’Etat à l’issue d’un an et demi de concertation. Elle était au cœur de l’élection municipale de 2014 lors de laquelle les Parisiens ont fait le choix d’élire des représentants qui auraient le courage de faire reculer la pollution », a défendu Anne Hidalgo. Mais des élus d’Ile-de-France entendent également mener leur combat jusqu’au bout.

« Ce revirement désavoue la mairie de Paris »

L’Association des maires franciliens a annoncé qu’elle « attaquera tout nouvel arrêté de fermeture », qui « viserait à contourner la décision du Tribunal Administratif ». « La mairie de Paris avait motivé sa décision de fermeture des voies sur berge par des considérations environnementales ; or il s’avère que cet argument était bien mensonger et a été démenti depuis par de nombreuses études que n’a pas manqué de faire valoir l’Association des maires franciliens », notent-ils.

Selon eux, « l’arrêté de la ville parisienne entré en vigueur à l’automne 2016 était illégal et l’interdiction subie par bon nombre d’automobilistes depuis cette date était illégitime. Mais bien plus que cela, ce revirement désavoue la mairie de Paris dans sa stratégie du mensonge et du bluff pour imposer ses visions dogmatiques sur la mobilité au reste du pays ».