Paris: C'est «ludique et amusant» d'avoir des lombrics chez soi pour faire du compost

ENVIRONNEMENT La Mairie de Paris va distribuer des lombricomposteurs à 1.500 parisiens. Une occasion d’adopter des vers et de réduire ses déchets…

Mélanie Costa

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Des vers dans un lombricomposteur
Des vers dans un lombricomposteur — Christine Lambert
  • Un ménage parisien produit entre 50 et 70 kg de déchets organiques humides par an.
  • Posséder un lombricomposteur permet de réduire ses déchets alimentaires de façon ludique, un dispositif qui n’est ni contraignant, ni encombrant.

Accueillir des vers chez soi ? C’est à nouveau possible. En 2017, la Ville de Paris – en partenariat avec le Sytcom (agence métropolitaine des déchets ménagers) – a distribué gratuitement 500 lombricomposteurs. Cette boîte à plusieurs étages, peu encombrante et assez discrète, permet de composter ses déchets alimentaires et d’obtenir de l’engrais, grâce à la présence de vers.

Un lombricomposteur (illustration)
Un lombricomposteur (illustration) - Christine Lambert

Christine, administratrice dans la production audiovisuelle, a reçu en novembre dernier un lombricomposteur. Déjà « très concernée par la réduction des déchets », elle avait entendu parler du dispositif de la mairie de Paris par des amis. Elle a donc accueilli ses vers au mois de janvier, bien qu’elle ait commencé à préparer leur habitation – en gardant des épluchures – dès sa réception.

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Du compost pour « ses plantations de fraises »

Ses vers sont presque devenus des animaux de compagnie et elle s’amuse à se renseigner sur leur développement. Ce dispositif « ludique et amusant » va lui permettre d’avoir assez de « compost au printemps pour sa plantation de fraises ». Elle compte également partager son lombricomposteur avec ses voisins, pour qu’ils puissent, eux aussi, obtenir un peu de compost pour leurs plantes. Christine trouve que le dispositif est « un peu lent » à mettre en place et explique que les vers sont « très discrets et qu’on ne les voit que très rarement ». Seul le changement visuel des épluchures indique que le compost s’est mis en route.

La Parisienne explique avoir signé une charte à la Mairie de Paris garantissant son investissement dans le dispositif. Posséder un lombricomposteur est donc un véritable engagement, même si ce n’est « pas contraignant ». En effet, le dispositif n’est ni encombrant, ni odorant.

Un lombricomposteur (illustration)
Un lombricomposteur (illustration) - Christine Lambert

22 % des déchets d’un ménage parisien peuvent être donnés aux vers

Antoinette Guhl, adjointe EELV à la maire de Paris et chargée de l’économie circulaire, indique que l’objectif est de « réduire de 10 % d’ici à 2020 ». Il s’agit « d’une volonté affirmée de la mairie de Paris de mettre en place toutes les alternatives écologiques possibles ». La distribution des lombricomposteurs permet donc de sensibiliser les Parisiens « à des gestes pour l’environnement ». Cela les initie également à avoir de « meilleurs comportements écologiques ».

Dans la poubelle d’un ménage parisien, on trouve près de 22 % de déchets organiques humides, soit entre 50 et 70 kg par habitant et par an. Avec l’utilisation des lombricomposteurs par les habitants, les déchets domestiques vont considérablement diminuer.

Les Parisiens qui n’avaient pas pu bénéficier du dispositif en novembre dernier pourront être satisfaits. Deux nouvelles campagnes de distribution vont être mises en place, la première se déroulera du 24 mars au 8 avril. Les inscriptions sont déjà ouvertes. La deuxième, elle, débutera à l’automne 2018. Cette fois-ci, 1.500 parisiens vont pouvoir profiter de l’offre.