VIDEO. Voitures bloquées par la neige: «J'ai fini par gratter la chaussée avec ma raclette»

AU SECOURS A cause des fortes chutes de neige, des milliers d’automobilistes sont restés bloqués des heures dans leur véhicule en Ile-de-France. Et la situation pour les usagers des transports en commun n'était guère meilleure…

C.Po.

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A Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), les voitures incapables d' évoluer sur la route glissante, notamment en montée, restaient coincées des heures.

A Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), les voitures incapables d' évoluer sur la route glissante, notamment en montée, restaient coincées des heures. — ROMAIN BEAUMONT/SIPA

  • Mardi soir en Ile-de-France, 740 km de bouchons ont été recensés.
  • Près de 2 000 personnes ont été bloquées dans leur voiture, d’autres ont mis des heures à pouvoir rentrer chez eux.

« Si j’avais su dans quelle galère je m’embarquais, je serais resté dormir sur place », confie avec le recul Bob. Il était près de 19 h mardi soir lorsqu’il a quitté son travail à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) pour rejoindre son domicile situé à la lisière d’Antony (Hauts-de-Seine) et de Massy (Essonne). Une quinzaine de kilomètres qu’il fait parfois en une heure lorsqu’il y a des bouchons, mais rarement plus. C’était compter sans les chutes de neige exceptionnelles de ce début de soirée. Il lui a fallu près de six heures pour rentrer. « Et encore, je suis plutôt content de ne pas être resté toute la nuit bloqué dans ma voiture ! »

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Il a mis près de deux heures pour faire le premier kilomètre puis a suivi son GPS qui a voulu lui faire éviter les routes bondées en empruntant le réseau secondaire. Mauvaise idée. « Au début ça allait, je roulais doucement mais j’avançais. Et puis je me suis retrouvé dans une sorte de cuvette, impossible de monter la pente, je patinais trop. » Il s’y prend à plusieurs reprises avant d’abandonner. Quelques mètres plus loin, il repère une rue perpendiculaire, qui ne monte pas mais avec une telle couche de neige qu’il ne peut la prendre sans patiner. « J’ai fini par gratter la chaussée sur cinq mètres avec la raclette pour pouvoir tourner. »

Un record absolu de bouchons

Après les importantes chutes de neige de la fin d’après-midi, des milliers d’automobilistes franciliens sont restés bloqués des heures dans leur voiture. Près de 740 kilomètres de bouchons – un record absolu – ont été enregistrés mardi vers 19 h 30 en Ile-de-France. A 23 h mardi, le cumul des bouchons atteignait encore plus de 350 km. Près de 2 000 personnes immobilisées sur la N118 ont passé la nuit dans leur véhicule. « Je crois que j’ai été bien inspiré de faire un détour, se réjouit Sébastien qui a tout de même mis près de quatre heures à faire un trajet qui lui prend d’ordinaire 50 min. En fin d’après-midi, à la radio, ils ont commencé à dire que l’axe était saturé, donc j’ai emprunté des routes secondaires. »

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Soixante-dix saleuses avaient pourtant été mobilisées dans la nuit sur les axes gérés par l’État. « On a anticipé au maximum, mais les moyens dont on dispose – le salage – ne sont pas suffisants quand il tombe trois centimètres par heure », a reconnu la ministre des Transports, Elizabeth Borne, sur LCI. Les services de Météo France ont relevé mardi matin vers 5 h, 12 cm de neige dans le parc Montsouris, 13 à Orly et Roissy. « Il y avait de nombreuses sableuses sur l’A6 qui faisaient leur maximum, mais ça n’a pas servi à grand-chose », déplore Laurent. Lui aussi a mis près de sept heures pour effectuer les 15 kilomètres qui le séparent de son domicile. Mais, malgré l’autorisation de son employeur de quitter plus tôt le travail mardi soir, impossible d’échapper à la galère.

Via @20minutesparis 10 centimètres de neige à Paris #paris #neige #onamesuré #snow

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« Pire que la grève ! »

Dans les transports en commun, la situation n’était guère plus réjouissante. Bus au dépôt car les routes n’étaient pas déneigées, trains et tramway annulés et métros bondés. « Pire que la grève ! » sourit Marissa. Elle qui emprunte d’ordinaire le tramway pour rentrer chez elle a dû marcher jusqu’à une station de métro, changer trois fois pour rentrer chez elle. « J’ai mis deux heures à faire un trajet qui prend 35 minutes ! »

Dans certaines gares parisiennes, comme à Saint-Lazare, les quais étaient si bondés qu’il fallait parfois attendre vingt minutes pour y accéder. « On nous dit de ne pas prendre la voiture, mais si on ne peut pas prendre les transports non plus, ça va être compliqué », lâchait mercredi matin un usager excédé en attendant de pouvoir accéder à un métro de la ligne 13. Car ce matin encore le transport était très perturbé : RER B et C au ralenti, plusieurs lignes de Transilien à l’arrêt et le réseau de bus presque paralysé.