Ile-de-France: «Journée sans département», quelles conséquences pour les usagers?

SERVICES PUBLICS Mercredi, les départements d’Ile-de-France se mobilisent contre la réforme territoriale et mettent en place une « Journée sans département ». Une partie des services publics vont être fermés aux usagers…

Mélanie Costa

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Journée sans département. Quelles conséquences sur les usagers ?
Journée sans département. Quelles conséquences sur les usagers ? — POL EMILE/SIPA
  • Les sept départements d’Ile-de-France hors Paris se mobilisent contre la réforme territoriale que souhaite mettre en place le gouvernement.
  • Plusieurs services publics vont être fermés au public notamment des cantines scolaires ou des maisons départementales des personnes handicapées.

Mercredi, tous les départements d’Ile-de-France, sauf Paris, ont mis en place une « Journée sans département » pour lutter contre la réforme territoriale prévue par Emmanuel Macron. La réforme prévoit une suppression des départements et plus particulièrement de la petite couronne, c’est-à-dire, la Seine-Saint-Denis, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Cette journée de protestation va entraîner la fermeture d’une partie des services publics. 20 Minutes fait le point sur la « Journée sans département »

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Pourquoi une « Journée sans département » ?

La réforme territoriale est sans cesse repoussée, tout comme la réunion prévue entre les représentants des départements et le gouvernement. La « Journée sans département » a donc été mise en place pour sensibiliser les citoyens et le personnel départemental sur les conséquences d’une telle réforme et sur l’importance des services publics. Pour Stéphane Troussel, président de la Seine-Saint-Denis, il faut « remettre les citoyens au cœur du débat. » Le slogan de la journée explique très bien l’objectif : « Fermer un jour pour vous servir toujours ». Dans un communiqué, Pierre Bédier, président du conseil départemental des Yvelines, rappelle que « le département est la collectivité qui porte toutes les solidarités, sociales comme territoriales. »

Les présidents des départements concernés, c’est-à-dire, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, l’Essonne, le Val-d’Oise, le Val-de-Marne, la Seine-Saint-Denis et la Seine et Marne, souhaitent que cette journée permette l’organisation d’une réunion avec le gouvernement afin de discuter et débattre de cette réforme, qu’ils n’approuvent pas.

Pour certains, cette journée pose problème. Le MoDem, par exemple, indique que « l’initiative d’une telle action est incompréhensible dans la mesure où il n’y a eu aucune annonce officielle sur la réforme institutionnelle du Grand Paris. »

Quelles conséquences sur les administrés ?

La « Journée sans département » va entraîner la fermeture de nombreux services publics. Les départements se sont organisés différemment au niveau de la mobilisation. L’Essonne, par exemple, ne fermera pas ses services mais a organisé des réunions d’échange et « a fait le choix de la pédagogie », indique François Durovray, président du département.

Le Val-d’Oise et les Hauts-de-Seine vont fermer partiellement leurs services pour privilégier la sécurité des habitants. Les services liés à l’enfance et les routes vont donc continuer à être mobilisés dans le Val-d’Oise. La sensibilisation des habitants va passer par « la distribution de flyers et la communication », précise Marie-Christine Cavecchi, présidente du département.

La Seine-Saint-Denis, elle, va fermer l’ensemble de ses services publics et a organisé une mobilisation sur le parvis de la préfecture à 10h. Les Yvelines font également ce choix et organisent un rassemblement devant la préfecture du département afin de défendre les missions du service public, qui comptabilise 4.000 agents.

Les usagers n’auront donc pas accès à la totalité des services habituels, comme les cantines de certaines écoles et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), par exemple. Dans certains départements, il n’y aura également pas d’accueil physique et téléphonique dans les services.

Quelles sont les conséquences futures de la réforme territoriale ?

Marie-Christine Cavecchi évoque « une inquiétude générale » de la part des élus. La réforme territoriale est « floue » et les conséquences peuvent être multiples. Stéphane Troussel indique que certains budgets ne pourront sûrement pas être maintenus comme le « chèque réussite de 200 euros attribué aux élèves de 6e » ou encore les « 19 millions d’euros dédiés à la culture » en Seine-Saint-Denis.

Les départements ne connaissent pas l’étendue de la réforme. Selon le président du 93, cela pourrait également augmenter les inégalités. Les habitants devront composer avec des services publics différents, probablement éclatés en plusieurs intercommunalités.