Une caninette plus connue sous le nom de motocrotte, véhicule symbole de la propreté à Paris dans les années 1980.
Une caninette plus connue sous le nom de motocrotte, véhicule symbole de la propreté à Paris dans les années 1980. — ROBERT PATRICK/SIPA

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La mairie organise au Conseil de Paris qui débute ce lundi un grand débat autour de la propreté dans la capitale. C’est le quatrième depuis le début de la mandature d'Anne Hidalgo…

  • La propreté va être au centre des débats lors du Conseil de Paris de lundi à mercredi.
  • Une centaine de Parisiens ont été consultés dans le cadre de conférences citoyennes.
  • Et si 2018 marquait le retour de la motocrotte?

« La perception de la propreté à Paris se fonde en négatif sur des constats relatifs à la malpropreté », selon un rapport commandé par la mairie, dont le coût de 224.580 euros a créé la polémique. Bref, Paris serait sale.

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Pour faire face à cette situation, la mairie organise au Conseil de Paris – qui débute ce lundi jusqu'à mercredi – un grand débat autour de la propreté dans la capitale. C’est le quatrième sur cette thématique depuis le début de la mandature et une fois n’est pas coutume, les élus devraient s’écharper sur cet éternel serpent de mer, « terrain prioritaire » d’Anne Hidalgo, rappelle son adjoint chargé de la propreté, Mao Péninou. Concrètement, où va Paris sur ce « terrain » ?

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A chacun, sa solution

Poubelles, rats, encombrants, mégots, épanchement d’urine, déjections canines… Certains élus demandent plus de moyens financiers pour lutter contre les incivilités, d’autres un véritable « plan d’urgence », une réorganisation des services, ou encore une plus grande campagne de sensibilisation à destination des touristes et des Parisiens. Une centaine d’entre eux ont aussi été consultés dans le cadre de conférences citoyennes, et suggèrent par exemple de mieux aménager les pourtours des arbres pour dissuader le dépôt de déchets ou encore d’augmenter le nombre de sanisettes.

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Autant de propositions qui seront soumises au débat du Conseil au cours duquel trois rapports vont être présentés, dont celui d’une Mission d’information et d’évaluation (MIE) présidée par la cheffe de l’opposition LRI, Florence Berthout. « C’est une façon de mettre la poussière sous le tapis, de camoufler le bilan réel de la propreté à Paris », a accusé Eric Azière, président du groupe UDI-Modem.

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De son côté, la mairie entend continuer d’investir – 500 millions d’euros par an – pour déployer plus d’agents, de machines et de moyens pour remplir l’objectif « Paris Propre », assure Mao Péninou. Notamment via des équipes volantes, et de nouvelles corbeilles. Mais y a-t-il réellement un remède miracle ? Dans les années 1980, la « solution » politique portait un nom : Motocrotte.

Un homme, un étron, une motocrotte

En 1977, Jacques Chirac en campagne pour l’Hôtel de ville fait de la propreté à Paris, son thème majeur et un « enjeu municipal ». Élu, il fonde deux ans plus tard une direction de la propreté de Paris en remplacement de l’ancien service de nettoiement, impose la couleur « vert bambou » dans le service. Et surtout, il déploie dans les rues de la capitale les fameuses motocrottes. Surnommée les « chiraclettes » et souvent moquées, ces engins de la société Ridalis, permettent donc de traquer les crottes sur la chaussée.

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En réalité, elles s’avèrent être peu efficaces et très coûteuses. Près de 4,5 millions d’euros par. De plus, elles ne ramassaient que 20 % des déjections déposées par les chiens sur les trottoirs parisiens. Une partie du parc des motocrottes part même en fumée dans un incendie en 2002. Elles seront finalement abandonnées en 2003 avec l’arrivée Bertrand Delanoë à la mairie de Paris, qui décidera de contraindre les propriétaires de chiens à ramasser. En 2018, parmi toutes les propositions et idées, pour améliorer la propreté dans la Paris, peut-on imaginer la motocrotte renaître de ses cendres ?

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« La motocrotte était déresponsabilisante »

« La motocrotte est définitivement enterrée », affirme Mao Péninou. « Nous ne pouvons plus être sur la logique de chacun fait ce qu’il veut et la mairie ramasse. Nous ne pouvons plus avoir un agent derrière chaque Parisien. La motocrotte était déresponsabilisante. Nous n’allons pas y revenir. Aujourd’hui, l’idée est de responsabiliser les gens », explique-t-il avant de conclure : « Il faut impliquer tout le monde et donner plus de moyens d’être propres. »

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