Paris: Deux ans après, où en est l’expérimentation de la circulation inter-files pour les motos et scooters?

DEUX-ROUES Depuis février 2016, la circulation inter-files des scooters et des motos est expérimentée à titre exceptionnel dans quatre régions, dont l’Ile-de-France...

Romain Lescurieux

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Paris le 28 mars 2012. Circulation automobiule sur le boulevard peripherique de Paris. Panneau de signalisation Risque pollution a Paris. Bouchons. Embouteillages. Circulation voitures dense.

Paris le 28 mars 2012. Circulation automobiule sur le boulevard peripherique de Paris. Panneau de signalisation Risque pollution a Paris. Bouchons. Embouteillages. Circulation voitures dense. — A. GELEBART / 20 MINUTES

  • La circulation inter-files n’est actuellement pas autorisée par le Code de la route pour les motos et les scooters.
  • A Paris, elle était pratiquée depuis de très longues années par les motards.
  • Les écoles de conduite enseignent désormais la circulation inter-files.

A Paris, à moto, on dépasse les autos. Depuis 2016, la circulation inter-files est expérimentée à titre exceptionnel dans quatre régions : les Bouches-du-Rhône, la Gironde, le Rhône et l’Ile-de-France. Recommandée en 2013 par le Conseil de la sécurité routière, la circulation des deux-roues entre deux files de voitures – dans certaines conditions – est parue sous forme de décret fin 2015 au Journal Officiel, pour une pratique effective au 1er février 2016. Deux ans plus tard, où en est cette expérimentation ? Et en quoi consiste-t-elle précisément ?

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« Mieux protéger les conducteurs de deux-roues »

La circulation inter-files, qui n’est actuellement pas autorisée par le Code de la route, consiste « à circuler en deux-roues ou en trois-roues motorisés entre les files de véhicules à l’arrêt ou roulant à vitesse réduite dans un trafic dense et congestionné », rappelle la sécurité routière. Et ce, uniquement sur les autoroutes et routes à au moins deux fois deux voies séparées par un terre-plein central et où la vitesse autorisée est comprise entre 70 et 130 km/h.

Massivement pratiquée par les motos et scooters, la circulation inter-files n’était jusqu’ici ni encadrée par des règles ni enseignée dans les écoles de conduite. Désormais, il y a des règles, afin de « mieux protéger les conducteurs de deux-roues motorisés qui pratiquent la circulation inter-files et d’en diminuer la dangerosité », note la Sécurité routière.

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En effet, dans le cadre de cette circulation, il est par exemple interdit de dépasser un autre deux-roues motorisé circulant en inter-files et de rouler à plus de 50 km/h. Aussi, lorsque le trafic se fluidifie et que les véhicules circulent à plus de 50 km/h sur au moins une des deux files, le deux-roues motorisé en inter-files doit reprendre sa place dans le courant normal de la circulation. « Si toutes ces règles de bonne conduite font leurs preuves, la circulation inter-files pourra être généralisée dès 2020 », indique la Sécurité Routière. Contacté par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur indique ne pas encore dresser de bilan à mi-parcours. Les motards, eux, sont ravis et espèrent que l’expérimentation aboutisse.

« Nous sommes vraiment en sécurité »

« A Paris, la circulation inter-files se pratique depuis longtemps. Donc ça se passe ni mieux, ni moins bien qu’avant. Mais c’est une bonne mesure car avec la circulation inter-files nous sommes vraiment en sécurité », explique Jean-Marc Belotti, coordinateur de l’antenne parisienne de la FFCM (Fédération Française des Motards en Colère). « En fait, nous avons un champ de visibilité total. Alors qu’en roulant derrière un véhicule, au moindre coup de frein, on peut être pris en sandwich », poursuit-il.

Il affirme toutefois que la limitation à 50 km/h « ne veut pas dire grand-chose ». « On préconise plutôt une vitesse de 15 km/h au-dessus de celle des véhicules doublés », précise celui qui se réjouit enfin de l’apprentissage de la circulation inter-files dans les écoles de conduite.