Affaire Théo: Le jeune homme évoque sa lente reconstruction un an après les faits à Aulnay-sous-Bois

SOCIETE « Certains voudraient que je craque. Mais je ne craquerai pas », assure le jeune homme…

C. Ape.

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Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février.

Aulnay-sous-Bois, le 7 février 2017. François Hollande s'est rendu au chevet de Théo, blessé lors de son interpellation le 4 février. — Arnaud Journois / LE PARISIEN / AFP

Près d’un an après avoir été victime d’un viol présumé lors d’un contrôle de police à Aulnay-sous-Bois, Théo revient sur les faits mais évoque aussi son avenir et « la justice ferme et exemplaire » qu’il attend.

Le jeune homme de 22 ans, qui vit toujours avec une poche administrée par les médecins en raison de la déchirure anale et de la perforation du colon qu’il a subies, explique au Parisien ne s’y être « toujours pas habitué ». « L’hôpital n’est pas encore en mesure de me dire quand je pourrais enlever la poche », souligne-t-il. « Certains voudraient que je craque. Mais je ne craquerai pas. »

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Le jeune homme attend « une justice ferme et exemplaire »

A propos de ses relations avec les forces de l’ordre, Theodore Luaka explique que « les choses ont carrément changé. C’est même devenu très bizarre. Par exemple, je suis dans la rue, les policiers passent en voiture, ils me voient et font demi-tour, comme s’ils avaient vu une bête curieuse ».

Le jeune homme et sa famille, « qui sont restés soudés » durant cette année, ont des projets pour aider les jeunes. « Ce qui m’est arrivé le 2 février, on ne veut pas que cela arrive aux autres », lance Théo. « Depuis 2011, mes frères et moi, on essaie de réaliser un projet autour du football, parce que c’est ce qui rassemble. Mais ce ne sera pas uniquement centré sur le foot, on veut aussi développer des formations et donner une chance aux jeunes qui veulent réussir ou se réinsérer. Après, personnellement, j’aimerais aussi bien faire de la musique », explique le jeune homme.

Du futur procès (l'instruction est toujours en cours), Théo dit attendre « une justice ferme et exemplaire ». « Il y a toujours des contrôles qui se passent mal, déplore-t-il. Après c’est valable des deux côtés, je ne dis pas que c’est que la police, les jeunes ont aussi une responsabilité. J’espère que mon procès servira d’exemple à tout le monde. »