«Il y a une crise du commerce à Paris», lance un maire d’arrondissement qui envisage les pop-up stores comme remède

INTERVIEW Maire du 6e arrondissement de Paris, Jean-Pierre Lecoq observe les fermetures de commerces, notamment dans la rue de Rennes. Il préconise la location temporaire pour faire réouvrir certains commerces…

Camille Obry

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Un magasin fermé rue de Rennes en janvier 2018.
Un magasin fermé rue de Rennes en janvier 2018. — C.OBRY
  • Dans la rue de Rennes, dans le 6e arrondissement, on trouve aussi bien des boutiques de luxe, des magasins de grandes marques internationales ou des rideaux baissés.
  • Pour Jean-Pierre Lecoq, la création de boutiques éphémères peut être une solution « gagnant-gagnant » pour lutter contre les devantures fermées.

Sur plus d’un kilomètre de long, une centaine de magasins se partagent l’artère touristique de la rive gauche de Paris qu’est la rue de Rennes (6e arrondissement). Du côté du boulevard Saint-Germain, on retrouve des commerces de luxe (Cartier, Lancel, Rolex, Kenzo…) et à l’autre extrémité, côté boulevard Montparnasse, des grandes enseignes (Fnac, H & M, Uniqlo, etc.). La partie médiane pâtit, elle, des hauts loyers. Et l’on voit des commerces vides aux rideaux baissés.

La rue de Rennes.
La rue de Rennes. - Capture d'écran/Google Maps

Le maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, explique à 20 Minutes la raison de la fermeture de ces commerces et quelle solution il envisage pour les rouvrir.

Jean-Pierre Lecoq, maire du VIe arrondissement de Paris

La partie médiane de la rue de Rennes connaît de nombreuses fermetures de commerces. Comment expliquez-vous cela ?

Cela va un petit peu mieux aujourd’hui. Ça a été plus dégradé il y a quelques mois, avant l’été. Maintenant ça s’est stabilisé. Il y a eu quelques reprises, vers le 99-101 de la rue de Rennes, entre la rue Cassette et la rue d’Assas. Le magasin d’arts de la table qui a fermé va être remplacé par une marque un peu connue qui fait du bazar plutôt trendy et urbain. Et il y en a d’autres commerces en face qui sont repris également.

Votre adjoint, Jean-Charles Bossard, a parlé d’ouvrir des commerces éphémères dans ceux inoccupés…

Les boutiques éphémères, ça nécessite qu’on ait quand même une certaine visibilité sur les propriétaires pour après avoir une visibilité dans le cadre de la gestion complète. La difficulté, c’est que je ne maîtrise pas les locaux.

Il y a une crise du commerce à Paris. Des formules originales peuvent permettre de sortir de cette crise. Comme la rencontre entre un commerce qui est fermé, ou qu’on n’arrive pas à réouvrir de manière traditionnelle, et des jeunes entrepreneurs qui veulent se lancer et tester leurs produits sur une certaine durée, auprès d’une certaine clientèle. Et c’est là où la location temporaire, le pop-up, peut constituer une vraie réponse. C’est du gagnant-gagnant, puisque vous louez temporairement à des gens qui n’ont pas besoin d’un commerce à plein temps.

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Selon vous, où est-ce qu’il serait judicieux d’installer ces boutiques pop-up ?

Pour que ça marche, il faut qu’elles soient sur le territoire commercial classique du 6e arrondissement. Il faudrait qu’il y ait des boutiques de ce type, aussi bien sur les grandes artères que sur des petites. Sur la rue de Rennes, qui est une rue longue avec 100 commerces, je préférerais qu’il y ait trois pop-up de 20 à 50 mètres de linéaire. Il peut y avoir des synergies géographiques qui se créent.