Paris: 107 stations Vélib’ activées contre 300 prévues, c’est quoi ce chantier?

TRANSPORTS L'opérateur Smovengo continue à promettre un déploiement quasi complet au printemps 2018...

Romain Lescurieux

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Des techniciens à l'oeuvre sur une station Vélib' dans le VIIIe
Des techniciens à l'oeuvre sur une station Vélib' dans le VIIIe — R.LESCURIEUX
  •  L'opérateur Smovengo qui gère à Paris le nouveau Vélib' a tenté de justifier son retard et ses dysfonctionnements.
  • Ce jeudi, 107 sont actives sur les 300 promises.
  • Smovengo continue à promettre un déploiement quasi complet au printemps 2018.

Opération déminage. Ce jeudi, la direction de Smovengo a fait un déplacement sur le terrain près des équipes techniques, concentrées sur la construction d’une future station Vélib’ rue de Madrid (VIIIe arrondissement). L’occasion pour l’entreprise – qui a remporté le contrat au profit de J.C Decaux – de faire un point d’étape face aux retards et dysfonctionnements du nouveau dispositif, suscitant les critiques des usagers et l’agacement de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Jorge Azevedo, directeur général, a revendiqué devant la presse, « 107 stations activées » à l’heure actuelle, alors que le groupe devait avoir installé au 1er janvier, 600 stations. Un objectif ramené à 300. Finalement « 200 stations devraient être actives » à la fin du mois. L'objectif final des 1.400 stations ouvertes devrait être atteint « au printemps 2018 », a-t-il précisé. Pourquoi un tel chantier ?

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« Des problématiques de terre » et « un sol parisien pas homogène »

« Pour un processus complet, sans problème, ni aléas, ni accroc de chantier, il faut en moyenne trois semaines pour monter une station », assure Jorge Azevedo. Ce jeudi, le groupe qui rappelle au passage que JCDecaux « a mis trois semaines à démonter ses équipements », assure de son côté en déployer en ce moment, 60-65 par semaine. Voire 80 prochainement. A ce rythme-là, selon quelques calculs (à raison de dix semaines avant le printemps), le nombre de stations déployées atteindra fin mars, plutôt 800 et non 1.400. Mais surtout quels sont ces « bugs techniques » et « problèmes liés au changement de système » ?

« Le principal accroc, c’est l’électrification des stations et des problématiques de terre », a-t-il expliqué. La qualité de cette terre (un fil vert et jaune) ne serait en effet pas au rendez-vous. Et si une borne n’est pas en conformité, elle peut représenter une menace d’électrocution et c’est toute la station qui se retrouve alors « en réserve ». « Il faut donc intervenir à nouveau et la mettre en conformité », affirme-t-il. Un problème impossible à anticiper ?

« Le vélo électrique, c’est vraiment très agréable »

« Non, aucun constructeur ne pouvait envisager qu’on allait rencontrer autant de problèmes, répond Jorge Azevedo, d’autant que le sol n’est pas homogène et très différent d’une station à l’autre. Le sous-sol parisien, c’est 150 ans d’électrification », affirme-t-il, précisant avoir désormais « une solution technique » pour l’ensemble des problématiques.

Face à une menace de pénalités de retard émise par le syndicat Velib' Autolib' Metropole – pouvant atteindre un million d’euros – Smovengo botte en touche et indique travailler sans relâche pour que les Parisiens découvrent (enfin) leur produit. « Le Vélib’ est très attendu, le service est détérioré. On fait le maximum. Mais quand le système sera déployé et que les gens auront l’opportunité d’essayer, le vélo électrique, ce sera vraiment très agréable ».