Paris

L'académie de Créteil au régime sec

Dans le cortège des profs qui défilaient hier entre République et Bastille (11e), des pancartes délivraient inlassablement le même message. Lycée Jean-Rostand, Villepinte, cinq postes supprimés. Lycée Jean-Jaurès, Montreuil, quatre postes. Lycée Paul...

Dans le cortège des profs qui défilaient hier entre République et Bastille (11e), des pancartes délivraient inlassablement le même message. Lycée Jean-Rostand, Villepinte, cinq postes supprimés. Lycée Jean-Jaurès, Montreuil, quatre postes. Lycée Paul-Eluard, Saint-Denis, trois postes.... Tous ces établissements ont la particularité d'appartenir à l'académie de Créteil, la deuxième plus touchée de France après celle de Lille.

Selon le Snes-FSU, syndicat majoritaire dans le secondaire, 1 486 postes en collèges et lycées devraient être supprimés à la rentrée 2008 dans l'ensemble de l'académie, qui regroupe la Seine-Saint-Denis, la Seine-et-Marne et le Val-de-Marne. Le syndicat a annoncé un taux moyen de grévistes de 60 % sur les trois départements, avec des pics à 90 %, comme au collège Paul-Langevin, à Drancy, en Seine-Saint-Denis.

« Nous sommes mobilisés car Créteil est une académie particulièrement difficile », explique Alexis Lacroix, secrétaire départemental du Snes-FSU 94. « Trente élèves au lieu de vingt, ça va être la catastrophe pour les profs », assure Elisa, en CAP à Bobigny, venue défiler avec ses amies. « Les jeunes collègues qui sont affectés en Seine-Saint-Denis vivent mal cette accélération des coupes budgétaires car ils mettent en place des projets qui tomberont à l'eau l'an prochain », relève Clément Dirson, du Snes-FSU 93. Selon lui, trois établissements sur quatre pourraient subir à la rentrée une suppression de poste dans le 93, département où les taux de réussite scolaire sont de dix points inférieurs à la moyenne nationale.