La contestation naît à la maternité des Bluets

Sophie Caillat - ©2008 20 minutes

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« Cela fait cinquante ans qu'on se bat pour les femmes, on va continuer », scandait le personnel de la maternité des Bluets, samedi, dans le 12e. En ce 8 mars, Journée de la femme, quelque 200 personnes, dont une centaine de salariés, ont manifesté pour dire « non aux usines à bébés » et à la tarification à l'activité.

Dans le projet de budget pour 2009, l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) demande à la maternité un retour à l'équilibre financier. Comment ? En assurant 3 000 naissances par an, contre 2 600 cette année, et en supprimant entre 10 et 20 postes sur 170. Cette maternité associative, créée par le syndicat CGT de la métallurgie, pionnière de l'accouchement sans douleur, craint de perdre sa spécificité. « Tout ce qui prend du temps, comme la préparation à l'accouchement, l'accompagnement à l'allaitement et le soutien aux femmes après les IVG, on ne pourra plus le faire », résume Virginie Gossez, déléguée syndicale SUD, qui redoute aussi « une augmentation des césariennes car il faudra libérer les salles ». Les mamans restent actuellement quatre à cinq jours après l'accouchement, une des raisons pour lesquelles cette maternité est si prisée (elle refuse 200 inscriptions par mois).